La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

528 LA REVüE SOCIALISTE guelques représentants autorisés du marxisme ont un peu trop pris l'habitude de traiter toute critique de la doctrine du maître, qu'elle soit dirigée contre l'idée fondamentale, ou bien contre de simples hypothéses secondaires de la doctrine, avec une même hostilité. Or, mes recherches m'amencrcnt ù douter de la ,·alidité de quelques-unes de ces hypothcses, et i formuler guelqucs hypothcscs plus ou moins opposees. D'où ce cri: le marxisme est demoli par un des siens. De là aussi l'invitation <l'cxpliguer mes idées dans un livre. Ce n'est pas sans aYoir tout <l'abord sérieusement résiste, que je me suis mis à l'œunc. Je croyais, en effet, qu'il serait difficile de ne pas accentuer encore l'impression qu'avaient causée les articles épars. Un recueil d'obsen·ations critiques doit, forcément, paraître beaucoup plus comme une attaque dirigée contre l'ensemble d'une théorie, que des remarques en clics-mêmes. Et je n'a\'ais rien à retracter. Au contraire, i la liste de mes hérésies déjà publiées, j'a\"ais encore à ajouter quelques autres, non publiecs encore. Tous mes efforts d'evitcr le rôle qu'on aYait commencé i m'attribuer ont eté vains. Le livre fit sensation. li a eu pour resultat tou~c une nuec d'articles de journaux et de revues, :1insi que d'autres liHcs et pamphlets. Adversaires et a<lherents du marxisme étaient <le nouveau <l'accord sur son caractère vis-ù-vis de cette doctrine; pour eux, c'étai~ une œuvrc de destruction. Seulement tandis que les uns proclamaient l'dncacité. de cette œuHc de. critique destructive, les autres afTirmaient qu'elle aYait complètement échoué. De là des elogcs compromettants <l'un côté, et des .attaques améres <lel'autre. Il faut pourtant bien reconnaître que dans les deux camps il y a aussi bon nombre de geus qui se sont réservé un jugement plus calme, et .qui ont pris mon livre pour cc qu'il est en vérité: un essai de re\'ision, de reconnaissance et de débrouillement. J'ose espérer que la critique française aussi l'interprétera dans cc sens. * * * De tout cc qu'on a écrit en critique du présent livre, j'admets comme justifiées deux observations qui, surtout en france, seront considérées comme des reproches très graves. L'une est qu'il manque de méthode, l'autre que les conclusions y sont plutôt indiquées qu'exposées aYecclarte. Dans le pays classique de l'esprit de méthode, où la précision et la clarté de pensée sont si hautement goûtées, les défauts qui, sous ce rapport, sont afférents à mon livre, seront sans doute doublement ressentis. Qu'on me permette donc de répéter que le liYre est plutôt deve1w qu'il n'a étéfait, et que l'intention de l'auteur a été plutôt de poser que de résoudre les problcmes. On m'a reproché

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