508 LA REVUE SOCIALISTE question, c'est y donner en mi:me temps la réponse. Les Socialistes pensent que la concentration des capitaux et des entreprises industrielles et commerciales doit amener la dépo:session plus ou moins rapide de leurs détenteurs pri- ,·ilégiés. Avec les économistes, M. Liesse pense au contraire que du choc des co,llitions patronales contre les coalitions ouvrières sont déjà nées et naîtront de plus en plus d'utiles écoles et par suite de sensibles améliorations mentales et matérielles pour les uns et les autres, surtout pour la classe salariée. Mais notre auteur ne veut à aucun prix de l'introduction légale du parlementarisme d,111sles relations entre le patronat et le monde ouvrier. Et c'est presque d'un nuuvais œil qu'il regarde les essais dans cette rnie; telles la participation aux bénéfices, et même la vieille échelle des salaires ..... Des primes, des gratifications, à la bonne heure; cela maintient la hiérarchie économique, la haute suprématie de la classe dirigeante. M. André Liesse espère beaucoup d'une éducation économique plus solide chez l'ouvrier. Mais qu'il interroge M. du Maroussem. Il lui dira que ce sont justement les ouvriers les plus instruits, les plus sobres, les plus conscients qui sont le plus fidèles au Socialisme. Pourtant ils connaissent leurs conditions juridiques, leur égalité civile; et c'est parce qu'ils la jugent sans fond, sans substratum économique suffisant, qu'ils demandent pour les étayer, de nom·clles garanties légales mi-politiques, mi-économiques. Ils savent que la loi de la concurrence est une loi éternelle, mais la protection justicière aussi. L'accord dans la lutte pour la vie n'est pas une chimère. Si les hommes se sont mis en société, c'est pour s'aider mutuellement. C'est la définition même de la Société : protection réciproque. Sur quelles bases et dans quelles proportions, c'est ce que discutent les politiciens si honnis par M. Liesse. Bref, le Travail de M. André Liesse renferme de bonnes obsen·atio1;s moyennes, mais ses moyennes n'infirment en rien les moyennes contradictoi- • n:ment reprochées au Socialisme. ADRIEN YEBER. De la Psychologie des Religions, par RAOUL DE LA GRASSERIE (Paris, Félix Alcan, éditeur. Prix : 5 francs). - M. Raoull de la Grasserie est docteur en droit, membre de l'Institut des Sciences sociales et de l'Institut international de Sociologie, de la Société des Gens de lettres et de la Société de Législation comparée et de Statistique. Il a déjà publié presque une bibliothêque d'ouvrages variés, même de la poésie! Comme l'on ne saurait exceller dans tous les genres, ses essais littéraires n'ont pas eu de suite, mais ses études juridiques et sociologiques, dont quelques-unes ont déjà été signalées par nous, ont une grande valeur. On n'est ni maître ni responsable de sa tournure d'esprit. M. de la Grasserie ne pourra donc pas s'étonner de ce que nous prisions davantage ses recherches de droit social. L'homme qui a traduit ou résumé tous les Codes de l'Europe et de l'Amérique, et a tiré de leur étude comparée plusieurs om-rages fort estimés sur les réformes juridiques qui devraient être adoptées en France, est incontestablement un auteur très compétent lorsqu'il traite des questions de droit ou de société. Il l'est encore lorsqu'il parle de l'évolution sociologique,
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