La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE - Oui, cela, c'ctait une simple formalité, fit Pierre. - Pour nos fontes, car ici nous ne fondons pas le minerai, nous nous sommes adresses et nous nous adressons toujours au syndicat central, qui nous les fournit, tout comme le syndicat central des mines françaises, et au besoin les syndicats centraux des autres pays, nous fournit la houille et le coke dont nous aYons besoin. - Et, comme aux autres groupes de production, dit le tout jeune homme, les statistiques publiques vous font connaître exactement les bc3oins du marché national et international, et cela si sûrement et si rapidement, que vous en êtes venus à ignorer le stock, pére des chômages, terreur des époques disparues. - Parfaitement, répondit le gérant. 1 ous réglons à peu de choses prés notre production sur les besoins de la consommation. Les journaux spcciaux nous tiennent au comant des progrcs accomplis dans notre partie et des goùts nouveaux qu'ils suggérent aux consommateurs. Nous nous mettons ainsi à même de les satisfaire. Evidemment nous aYons pour rivaux et pour concurrents ceux qui se livrent à la même fabrication que nous. Il s'ensuit parfois, dans certains établissements, des ralentissements ou même des arrêts de production, mais ceux-ci sont extrêmement rares. C'est même pour parer à ces accidents inhitablcs encore dans le rcgime actuel que nous payons au syndicat général de la métallurgie une prime <l'assurance mutuelle dont le taux va diminuant à mesure que les risques de déconfiture diminuent pour notre industrie. - Par ce systéme, fit le jeune homme, l'antique et meurtriére concurrence est devenue une bienfaisante émulation. - A peu prcs, dit le gérant. Chacun, dans le groupe de production, a sa responsabilité vis-à-vis de ses camarades de travail, et chaque groupe de production a sa' responsabilité, et le souci de son bon renom, vis-à-Yis des groupes similaires reliés comme lui au syndicat général. -· C'est l'idéal! s'exclama son interlocuteur. - Il s'en faut, et de beaucoup, répliqua le familistérien. Il y a d'abord des établissements qu'une mauvaise gestion mene à la dcbâcle. Encore que le personnel qui s'y emploie n'en pâtisse point matériellement au point d'être exposé à souffrir de la faim, il y a tout de même diminution de bien-être, et, dans ces accidents collectifs, les innocents souffrent comme les coupables, ce qui, vous en conviendrez, n'est point la justice parfaite, l'l s'en faut. Ensuite, il y a des procédés de fabrication qui disparaissent, des produits dont la demande diminue progressiYement. Tenez, par exemple, quand le système des calorifères en terre cuite s'est substitué au mode de chauffage par les poêles de fonte, nous avons passé ici par une crise que nos efforts ont

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==