LE R~VE DE PIERRE DAVANT 495 nièrc à donner au plus jeune aYant de les coucher. Supposez que la fète se prolonge, je vais offrir son nanan naturel à mon ,nos parcon - ::, . c'est à deux pas - et je reviens, laissant mes trois mioches dans leur dortoir respectif en compagnie de leurs camarades. La citoyenne Gauthier s'approcha et prit part i l'entretien. Elle s'étonna que le pouponnat ne fùt pas encore aboli, les femmes ayant repris la saine coutume d'allaiter clics-mêmes leur enfant. - Mais, citoy~nne, il y a des méres qui n'ont pas de lait, ou qui en ont trop peu pour suffire i l'appétit de ces petits gourmands. C'est mon cas; j'allaite les miens pour mon plaisir beaucoup plus que pour les sustenter. -- Et puis, ajouta l'employée, il y a des rnércs qui n'ont pas l:t Yocation. Il y en a peu, mais il y en a. Nos femmes du pouponnat, du b_ambinat et de l'asile ont cette rncation, parfois contrariée par les refus de la nature. Alors les choses s'arrangent, au profit et à l'agrement de tout le monde, y compris les petits êtres dont 1~ous parlons. Tenez, nous voici justement au pouponnat. Il est au grand complet aujourd'hui, les mcres nourrices ayant Youlu assister à Yotre réception. D'ordinaire, on n'y voit guérc plus qu'une dOL:zaine de petits enfants. La visite n'avait rien d'une visite officielle. Point de cortége dUilant à travers les salles et les cours, et suivant la démonstration à voix haute d'un professeur transformé en cicerone. Les ctudiants s'étaient mèlés aux habitants du Familistère, et chacun parcourait l'établissement au gré de ses préférences, posant des questions à la prcmiére personne Yenue qui se trouvait à portée et dont les réponses étaient toujours informées et sùres. Il avait été convenu seulement que les invités du Familistère devaient tous se trouYer à midi dans le hall du bâtiment central. Tandis que la citoyenne Gauthier prodiguait cordialement ses risettes aux poupons et que les bambins s'accrochaient à ses jupes avec des rires heureux, Pierre visitait la fonderie, les ateliers d'émaillage et le magasin des modèles, tout en causant avec les chefs de fabrication et les étudiants qui ne l'avaient pas quitté. Parmi ceux-ci se trouvait le tout jeune homme, acharné questionneur et preneur de notes. - Quels sont, en somme, vos rapports avec le syndicat central de la métallurgie? demanda Pierre au gérant qui le rejoignait aprés être allé s'assurer d'un coup d'œil rapide que les hôtes du Familistère seraient convenablement traités au repas qui s'apprêtait pour eux. - Exactement les mêmes que les autres établissements métallurgiques, répondit le gérant. Dés l'installation du régime nouveau, nous avons dù, comme toutes les entreprises montées p_aractions, comme toutes les coopératives ouvriéres, faire remise à l'Etat du matériel de production. •
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