La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

494 LA REVUE SOCIALISTE donner le dcsir de recourir à l'alcool, comme faisaient les boissons incomplctes auxquelles nous aYons renoncé. - Mais, dit un ctudiant, les statistiques nous apprennent que la culture de la bcttcraye est toujours trcs intense dans ce pays. Autrefois, cela se comprenait: on tirait de la betterave l'alcool gui affolait ou hcbetait ks gens. Mais aujourd'hui ... - Aujourd'hui, répondit le gérant, on mange plus de sucre qu'autrc1ois, et aussi plus de biftecks. - Pour le sucre passe; mais les biftecks, je ne vois pas quel rapport. .. - Eh! cher citoyen, demandez aux éleveurs du Nouvion si leur bétail ne profite pas mieux des betteraves qu'on lui fait manger à présent que des pulpes desséchées qu'on lui abandonnait jadis. Le restaurant où les célibataires prenaient leurs repas et où ne dédaignaient pas de s'approvisionner les ménages pressés retint un instant la curiosite des Yisiteurs. Rien ne le signalait, d'ailleurs, plus particulicrement à leur attention. - Est-il vrai qu'ici, les femmes, toutes les femmes, soient occupées aux divers services du Familistcrc, demanda le petit Japonais à une des employées du restaurant. - Non, citoyen, nous suivons au Familistère la règle adoptée dans toute l'étendue de b République. - En sorte que, dès qu'elle se met en ménage, la femme ici comme ailleurs quitte sa profession. - Mais non, cc n'est pas ainsi que cela se passe, pas plus ailleurs qu'ici, répartit l'employée. Sauf exceptions, car, après tout, chaque ménage est libre de se contenter du salaire d'un des deux conjoints, c'est en cas de grossesse seulement que la femme, mariée ou non, prend droit à la subvention qui lui sera continucc, après la naissance de son enfant, jusqu'à cc que celui-ci puisse se suffire par l'exercice d'une profession. Mais il n sans dire que la femme peut toujours, si elle le juge plus avantageux, renoncer à tout ou partie de cette subvention, selon les cas et selon ses ressources, et continuer à exercer sa profession. Ainsi font les institutrices, les employées de bureau, les ouvricres de modes, les artistes et les femmes de lettres, par exemple. - C'est pour celles qui veulent continuer de travailler en dépit de leur maternité, qu'ont été institués ce pouponn'at et ce bambinat dont j'ai tant entendu parler dans mon pays et que je vais voir enfin? - Précisément. Afin de pouvoir demeurer attachée au restaurant, ou je me plais, j'ai en cc moment même une fillette à l'asile, un bébé au bambinat et un marmot au pouponnat. On me les ramènera ce soir après ma journée, gais et repus, et je n'aurais plus qu'une tettée der- •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==