LA REVUE SOC!ALISTE Ah ! messieurs, le comité de salut public devant lequel tr~mbla l'Europe (Vifs nppla11disseJ11ents ti l'extrème gaucbe et à gauche), devant lequel Joseph de Maistre s'arrêtait épouvanté, croyant voir en lui le signe de la colère de Dieu, ce comité comparé aux ligues antijuives d'Algérie, Robespierre comparé à Max Régis (Rires à gaucbe) et Saint-Just sans doute à son lieutenant Morinaud ! (Nouveaux rires.) Messieurs, j'estime que le seul fait de commenter ainsi l'histoire montre qu'on n'est plus en possession de la mentalité française nécessaire pour parler à la tribune nationale. (Vifs nppla11disse111esutrs les 111é11b1mes1cs.) M. ÉDOUARDDRUMONT.- Nous n'avons tué ni Lavoisier, ni André Chénier. (Bruit.) M. GUSTAVERouA~ET. - Monsieur Drumont, la Révolution a pu se tromper en tuant Lavoisier et André Chénier, mais elle ne les a pas déchirés avec les dents comme les antijuifs d'Alger ont fait du juif Shebat. (Nouveaux applaudissementssur lesmèmes bancs.) (1). Malheureusement, nos bons antisémites n'ont pas toujours sous la main un guet-apens de Mostaganem ou un assassinat de Cayrol. Ce sont des plats du dimanche. Il faut pourtant manger du Juif, et tous les jours. Si on n'a pas de provocations de première catégorie avec assassinés pour mandat politique, on se rabat sur la petite provocation de deuxième classe, celle qu'on mijote à l'apéritif, qu'on imprime le soir même dans les bons journaux, et qui a souvent d'ailleurs pour conséquence une condamnation en simple police savamment organisce. Les temps commencent à être difficiles, on fait ce qu'on peut et il faut se contenter de ce qu'on a. Or, il y a un cri que tous les antijuifs entendent en Algérie. lis sont même, sur ce point, doués d'une merveilleuse finesse du sens de l'ouïe. Ce ne sont plus des hommes, mais des microphones. Il n'y en a pas un, vous entendez, pas un qui n'ait perçu, au moins une fois par jour, proféré 'par un « sale juif», le cri de (< A bas les Français! » Personne n'ignore, au dire de la presse régystérique, que tous les Juifs algériens passent leur temps, nuit et jour, à traiter leurs concitoyens de (< sales Français! ,, On cite un huissier, un avoué, des avocats, qui, en pleine gare et aYec un esprit d'à-propos vraiment merveilleux, ont crié : (< A bas la France ! » Des témoins autorisés, colonnes du grand parti italo-espagnol, l'ont affirmé avec animation, et vous verrez que, ces jours prochains, un Firmin Faure quelconque n'hésitera pas à reproduire cette accusation à la tribune. Tout le monde comprend que les Juifs, qui se sont engagés dans les francs-tireurs en 1870, annt la promulgation du décret Crémieux, parmi lesquels on n'a pas trouvé, en vingt-huit ans, un seul réfrac- (1) Chambre des D0put~s : S~ance du 24 mai 1899.
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