454 LA REVUE SOCIALISTE D. - Vous avez dit que vous étiez représentarlt de commerce, mais vous vous occupez de politique? R. - Oui, les Algériens font de la propagande pour les marques que je représente, la Marie-Brizard et ]'absinthe Berger. M• DECOR!. - N'a-t-elle pas un nom particulier? R. - On l'appelle !'absinthe antijuive. M• DECORI. - Avant le concours n'avait-il pas voulu louer une salle pour une conférence antijuive ? R. - Je n'ai pas connaissa:-ice du tout de ce qu'on ait demandé une salle à Mostaganem. D. - Vous n'aviez pas l'intention d'y faire une conférence? R. - Non, parce que nous avons des amis plus compétents que nous. D. - Est-ce que d'autres de vos amis n'ont pas voulu louer la salle pour une conférence ? R. - Non. M• DECOR!. - Je prie les jurés de noter cette réponse. D. - Qu'est-ce que le témoin avec les jeunes gens allait faire dans la ville basse, quel était le but? R. - Monsieur le président, il me semble que je vais me répéter, j'ai dit que nous descendions dans la ville basse parce que les jeunes gens voulaient faire un tour dans les maisons de tolérance qui sont faites pour les jeunes gens et non pour les vieillards. M• DECOR!. - Cela me suffit. D. - Est-ce que le témoin est marié et père de famille? R. - Oui. Me DECORI. - C'est parfait. Ce témoin qui dépose sous la foi du serment avait oublié que la salle du temple maçonnique avait été demandée quelques jours avant l'attentat, qu'on l'avait refusée et qu'on devait y faire une de ces conférences artistiques et littéraires où le témoin demandait galamment des bateaux à soupape pour les Juifs : quelques instants après sa déposition, M• Decori donnait lecture au jury d'une lettre par laquelle le vénérable faisait connaître la vérité ! On avait oublié de mettre au diapason l'honorable avoué auquel M. Firmin Faure ne marchanda pas les témoignages de sa talentueuse éloquence. Quant à !'assassiné qui conduit les jeunes gens où l'on sait, qt.i parcourt après un dîner copieux le quartier juif où il n'aYait rien à faire en proférant d'aimables chansons, qui se cogne avec un souteneur et qui dépose dans les termes sincères que l'on sait, vous croyez peut-être qu'il a encaissé quinze jours de prison pour tapage, voies de fait etc., tandis qu'on en administrait au souteneur pour cinq ou six mois? Vous vous faites illusion et vous ne connaissez pas la j.ustice algérienne. Tout le département fut mis à feu et à sang. On répandit dans les tribus le bruit qu'on avait massacré le gouverneur et M. le conseiller municipal antijuif devint, par la grâce de M. Laferriére et la Yolonté de
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