LA NATURALISATTO~ DES Jt;IFS ALGÉRIEKS 4 53 M. FIRMINFAURE. - L'endroit était mal famé, en effet c'était à côté de la synagogue. (Bruit.) M. GUSTAVERoUANET. - Il se trouva la un souteneur juif, un repris de justice. U11evoix. - Ce n'est pas possible! M. GUSTAVERoUANET. - Voulez-vous que les Français aient aussi cc monopole? (Très bieu! très bien! li l'extrêmegauche. - I11terrnptio11s ti droite.) Alors une dispute .a lieu. Le Juif a recours à son couteau. Le lendemain, la Libre Parole annonçait que 150 Juifs s'étaient jetés sur trois ou quatre cyclistes, qu'on avait perforé des biceps, que le couteau avait fouillé les entrailles avec volupté; et, deux jours après, lrr qui avait assez souffert, à son avis, pour être un héros, rentrait en triomphateur à Oran. Alors avaient lieu les pillages de la· synago11:ue de Mostaganem, les pilbges d'Oran et de BelAbbès, tous les actes ignominieux qui n'ont pas été reproduits dans les journaux français, mais que malheureusement, j'en rougis pour mon pays, les journaux étrangers ont eu le soin de reproduire en bonne place. (Applaudissements à gauche.) L'orateur ne pouvait et ne voulait que dessiner les traits essentiels du guet-apens de Mostaganem : mais puisqu'on en parle toujours et qu'on en reparlera encore, le filon n'étant pas épuisé, il faut ajouter quelques détails qui permettront Je juger d'abord la moralité des assassinés. Commençons par M. Irr, )'assassiné en chef et citons le compte rendu sténographique de l'audience de relevée du 2 3 février 1898 tenue par la cour d'assises de Montpellier : D. - Avez-vous été longtemps président de la ligue antijuive? R. - De mai à septembre. D. - Dans quelles principales villes avez-vous fait des conférences? R. - A Saint-Denis-du-Sig, à Mascara, etc. Me DECOR!. - Quelle est au juste la profession du témoin? Il est indiqué comme vétérinaire ( 1). R. - Je suis représentant de commerce, j'ai un jeune frère qui est vétérinaire, il sort de l'école. (1) Quelques détails montrent comment l'instruction a été conduite il Mostaganem. Dans toutes les pièces de la procédure Irr est donné pour vétérinaire. La charge principale contre un prévenu est tirée de la couleur de son pantalon qui passe d'un procès-verbal it l'autre du blanc au bleu. Le principal plaignant, h: sieur Bonnet rapporte /11i-111é111e deux mois aprcs l'ouverl11l't de l'i11slr11clio11 son tricot de bicyclistc. On le trouve naturellement lardé de coups de couteau. On refuse d'entendre plusieurs témoins à décharge sous l'influence du président, auquel des dettes criardes enlèvent toute indépendance et de M. Firmin Faure qui prépare son élection. La procédure revêt un carne• tère particulièrement fantaisiste. Il va sans dire qu'avant de faire leur déposition, nombre de témoins ont été convenablement entrainés : c'est un procédé cher aux antisémites. L'un d'entre eux, l'avocat Dupont, dans un procès intenté it un journaliste ·socialiste, a tenté de suborner un témoin : il l'a fait si effrontément qu'il a fallu le suspendre et il vient de pousser la maladresse jusqu'à se faire condamner pour escroqucric.
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