La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

452 LA REVUE SOCIALISTE reprlsentant de !'absinthe antijuiYe, conseiller municipal par la grâce des cléricaux et des Espagnols, et délégué financier par l'effet de l'abstention que les maladresses de M. Laferriére ont provoquée. Or donc, cet excellent homme, « dans une courte autant qu'énergique improvisation >> adressée aux antijuifs de Bel-Abbès, conclut en ces termes : « Si Yous chassez les Juifs des Yilles et Yillages de l'intérieur, ils viendront à Oran. La nous avons la mer ... Nous les flanquerons a l'eau. n Il va sans dire que les appels au meurtre, au pillage, à l'incendie, à« la guerre matérielle n, ne se comptent pas. Et pourtant les députés antisémites qui ont eux-mêmes comparé leur action a celle « d'un torrent dévastateur >i n'ont pas manqué lors des derniers débats de présenter a leurs collègues le seul cliché qui, paraît-il, ne blanchisse pas en Yieillissant. Ils ont répété que les Juifs ont commencé et ils n'ont pas manqué de citer le fameux attentat« de Mostaganem, l'horrifique « guet-apens n si fructueusement exploité depuis deux ans et qui a rapporté un nombre considérable de sièges municipaux, départementaux et législatifs. C'est le guet-apens modele, facile a servir, même et surtout en voyage, guet-apens pour gogos et qui a valu, beaucoup mieux que tous les bitumes du Maroc, une série de kous-kous réconfortants a tous les faméliques qui le souhaitaient depuis longtemps. Sur ce point comme sur tant d'autres le discours de M. Rouanet a porté une lumiére éclatante : Voici ce qu'est l'attentat de Irr. li y avait à Oran un père de famille, conseiller municipal, représentant de !'absinthe antijuive. (On rit.) Un jour, ce représentant de la France aux Français, va, à la tête d'un certain nombre de jeunes gens de seize à dix-sept ans, des cyclistes, à Mostaganem, assister à une fête antijuive. M. FIRMINFAURE. - Cela, c'est inexact, monsieur Rouanet. M. GusTAVE RouANET. - On passe la journée à faire de l'antijudaïsme. M. FIRMINFAURE. - C'est encore inexact, monsieur Rouanet. (Exclaruatio11sà l'extrême gauche et à gauche.) M. LE PRÉSIDENT.- Vous ne pouvez pas ainsi rectifier à chaque mot, monsieur Firmin Faure. M. FIRMINFAURE. - Je ne puis laisser dire ces choses-là, monsieur le président. M. LE PRÉSIDENT.- Si vous étiez à la tribune, vous ne supporteriez pas facilement cette manière d'argumenter. (Très bien! très biw !) M. GUSTAVERouANET. - Ensuite, pour parfaire l'éducation de ces jeunes gens, ce conseiller municipal ne trouva rien de mieux que de les conduire, non pas dans le quartier juif, comme on l'a dit, mais dans un quartier spécial, qui était neutre. (On rit.) La maison où ils entrèrent était une maison de prostitution. (Excla111ations.) Je dois dire ces choses, parce qu'il faut en finir avec toutes ces ignominies.

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