444 LA RE\'UE SOCIALISTE me trompe, à M. le gouverneur général une lettre à laquelle était jointe une liste de vingt-quatre décès signalés à l'hôpital de Constantine dans les conditions suivantes : les individus entraient à l'hôpital le 24, y mouraient le 24 ou le 25 au plus tard. (Mouvements diver~.) J'ai la liste sous les yeux, avec les dates, et je lis : « Entré le rer juillet, mort le rcr juillet; entré le 5 juillet, mort le 5 juillet; entré le 15 juillet, mort le r 5 juillet; entré le 20 août, mort le 20 août; entré le 30 aoùt, mort le 30 août; entré le 14 septembre, mort le 14 septembre. » (Exclamations et IIIOUVC111eJllS divers.) La vérité, c'est que le docteur Morsly constate qu'on ramasse les cadavres d'Arabes dans les rues et qu'on les porte à l'hôpital pour la forme. C'est là l'arabophilic de MM. les députés et politiciens antisémites. (Excla111alio1à1s l'extré111geauche.) Mais attendez! il y a les Juifs. Qu'en fait-on? Voici ce que dit le docteur Morsly : (< Je ne parle pas des Juifs; cc côté de la question est tout à fait simplifié. Les Juifs de Constantine ne sont plus admis à la consultation gratuite ... » (Excla111alio1s1usr li!s111é11b1ae1s1cs.) M. ALBERTPou LAIN. - Et le gouvernement le savait! C'est une honte! M. BouTARD. - Et il s'agit d'une possession française! M. GusTA\'E RoUAJŒT. - « ... C'est encore un fait, dit le docteur Morsly, que je prouverai. Aux Juifs, on ne reconnait qu'un seul droit, c'est de crever - veuillez me pardonner l'expression - comme des chiens, chez eux. » (Mou7,11•111dmiutsers.) A l'i·xt1·ii11geauche. - C'est ce que Yeut i\I. Drumont. (Bruit.) M. GUSTAVERouANET. - Et il ajoute, retenez ces paroles, messieurs: cc Je suis musulman, c'est vous dire que je n'ai pas précisément pour les Juifs une tendresse infinie, mais j'affirme qu'en aucun pays musulman, quel qu'il soit, jamais on ne trouverait des iniquités pareilles à celles qui se commettent à Constantine. » (Excla111atio11s à gauche.) Voilà, Messieurs, la leçon que nous donne un musulman. (Vifs applaudissmw1ts à gauche.) M. CAWLLE FOUQUET. - Cela prouve que l'Algérie est singulièrement administrée! M. GusTA\"E RoUANET. - Voilà ce qui se passe. Tant d'audace denit s'cxpier et la municipalité constantinoise, furieuse des rhélations faites par l'honorable et courageux docteur Morsly, montra bientot comment les antijuifs comprennent la liberté en gén~ral et respectent en particulier les droits des indigcnes. On commença, chose plaisante, à reprocher au docteur Morsly d'avoir fait exonérer ses coreligionnaires d'une taxe sur les moutons entrés en Yille pendant la derniere fête musulmane : à propos de cette mesure votée par le conseil, le même conseil essaie de couvrir d'injures l'honorable adjoint indigene et avec une amenité toute algérienne le maire interpelle dans les termes suivants un conseiller qui se retirait '
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