La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA NATURALISATION DES JUIFS ALGÉRIEXS 443 Ils entendent encore être protégés contre les pillards de tout genre qui confisquent leurs terres, annexent leurs douars, suppriment leurs cadis, méconnaissent leurs mœurs et les brutalisent jusque dans les assemblées délibérantes. Les voilà les accapareurs, - comme nous le montrerons dans notre prochaine étude sur l'usure, - les voilà les provocateurs de toutes les mesures les plus iniques à l'égard de ces quatre millions d'indigènes qu'ils laisseront ensuite aux mains aYCC le petit soldat de France quand ils les auront pousses à la révolte. Veut-on un spécimen des procédés dont usent MM. les antijuifs à l'égard des indigènes dont ils se disent les defenseurs? Voyez ce qui se passe à Constantine. On ne se contente plus comme jadis de gaver frères et amis au moyen de l'impôt arabe: la pluie d'or, les subventions, concessions, gratifications, et autres fourbis ne suffisent plus. Jusqu'à présent l'Arabe était grugé, bousculé, méprisé, mais dans les conseils électifs, pour sauYegarder les apparences, on lui donnait parfois la permission d'ouvrir la bouche. C'était trop. Maintenant dès qu'il veut parler on l'expulse 111a11muilitari. On a enfin connu en France, grâce au discours de M. Rouanet, comment les antijuifs constantinois, ces ardents protecteurs de l'indigène se conduisent à l'égard de sujets français. Il y a à Constantine un médecin arabe, le docteur Morsly, qui est adjoint à titre indigène au maire de Constantine, M. Mercier. Ce maire a émis la prétention fondée théoriquement, mais qui en fait ne s'est jamais réalisée nulle part, de signer toutes les entrées à l'hôpital et de voir lui-r~1ême les malades. Le docteur Morsly, médecin traitant à l'hôpital, s'est trouvé en présence d'un certain nombre de malades, particulièrement des indigènes, - et cela vous montrera le degré d'arabophilie de ces politiciens musulmans qui sont venus ici vous chanter les vertus de l'Arabe (T,·ès bien! très bien! à l'extrême gaucbe), - le docteur Morsly, dis-je, s'est trouvé en face d'une foule d'incl_igènes ayant à _peine le souffle; il les avait admis d'urgence à l'hôpital. Alors, grande protestation de M. Mercier, qui s'adresse au préfet dont le département de Constantine est affligé, M. Dufoix, celui-là même que le rapporteur de la commission d'enquête avait déjà signalé à M. le président du conseil comme un antisémite militant, lors de la discussion de l'élection de M. Thomson; M. Dufoix sévit contre M. Morsly parce qu'~l signe trop de billets d'urgence à l'hôpital, et lui inflige un blâme. Le docteur Morsly répond que tous les billets d'urgence qu'il a signés étaient nécessités par l'extrême gravité de l'état des malades venus à la consultation; il refuse le blâme et demande une enquête. • Savez-vous à quel étrange enquêteur s'est adressé M. Dufoix? A M. le commissaire de la police de la mairie de Constantine, alors qu'il s'agit de faire enquêter sur la cond!-]itedu maire. (On 1·it.) J'abrège les détails. Alors M. Morsly a écrit à M. le préfet et, si je ne

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