LA NATURALISATJO>l DES JUIFS ALGÈRIE~S 445 écœuré : « Allez vous coucher.» Quelques jours aprés, l'adjoint indigène comme c'était son droit et son devoir, proteste, dans les termes les plus modérés, contre la rédaction du procès-Yerbal émaillé de o-ros- . 0 sières injures a son adresse et inexact en tous points. Il réclame une rectification. Quelle audace! Un Arabe, fùt-il doqeur en médecine, n'est jamais aux yeux d'un bon antisémite qu'un bicot à « faire enlever » ou bâtonner. On le lui fit bien voir et en un tour de main il fut expulsé manu milità.ri. Si les 30,000 musulmans de Constantine, odieusement outragés dans la personne de leur représentant élu, ne sont pas contents aprés ce bel exploit, c'est qu'en vérité ils sont bien difficiles à satisfaire. On voit par ces exemples comment les antijuifs qui· prétendent parler au nom des Arabes en déblatérant contre les Israélites énoncent sur ce point comme sur tous les autres une série de contrevérités. dangereuses. Ils disent que la naturalisation des Israélites a excité les musulmans contre les Français : rien n'est plus faux. Ils disent que les musulmans ont voué aux Israélites une haine inexpiable, c'est encore plus faux. Ils disent que les 4 millions d'indigènes sont leurs meilleurs auxiliaires dans leur lutte contre « la vermine juive » : c'est absolument faux. - En réalité, l'Arabe ne déteste pas plus le Juif que !'Européen : il les dédaigne tous deux également. Mais il supporte mieux le Juif que tout autre infidèle. Il le connaît depuis longtemps, trouve prcs de lui bon accueil, le re~herche au point de se trouver isolé et embarrassé dans un pays où il n'en trouYe pas, entre volontiers en relation avec lui et prend trés souvent sa défense. L'Israélite d'autre part est rarement en conflit aYec le musulman. Il est entre lui et nous l'intermédiaire nécessaire au point de \'Ue commercial et colonisateur. On sait l'influence qu'exerce la femme sur les mœurs d'un peuple : un pays n'est point pacifié tant que veille au foyer domestique une haine ardente contre le vainqueur. L'on trouve en Algérie, a Oran, une école indigène de filles dont la prosperité croit sans cesse. Elle a été fondée a la suite d'instantes démarches faites par un conseiller municipal israélite élu par les indigènes. Les fonds qui ont permis de la construire ont été votés sur la proposition d'un rapporteur israélite. Au collège des jeunes filles qui a pour directrice une Israélite, on a vu pour la pre~ière fois deux fillettes arabes d'excellente famille suivre des cours d'enseignement secondaire français. Tous les grands chefs du département d'Oran entretiennent les meilleures relations avec le chef de bureau qui est leur interprète dans les assemblées départementales : il est Israélite indigcne. Dans la période des troubles, tandis que les prêtres espagnols se taisaient ou soudoyaient en secret les perturbateurs, les imans de toutes les mosquées ont témoigné publiquement leur indignation : les oghas et caïds ont couvert de leur protection les malheureux persécutés et aujourd'hui encore nous devons au grand
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