LA NATURALISA1ïON DES JUIFS ALGÉRIENS 441 produits dans le monde musulman de notre ville depuis q:.ielquc temps. Le bouleversement causé par les perturbateurs antijuifs dans la population algérienne et, surtout algeroise, l'insécurité, la crainte du lendemain, ont fait fuir, depuis dix-huit mois, non seulement de nombreuses familles israélites et françaises, mais aussi des familles musulmanes, des Maures, des Arabes, des Kabyles. « C'est par centaines que les musulmans ont quitté le sol qui les Yit naître, et cette semaine encore, nous ayons pu constater le départ pour Beyrouth de deux familles arabes trés considérées dans le monde de l'Islam, les familles Kassabe et Semane qui, parties sans esprit de retour, emportent dans leurs sacoches pour prés d'un million de francs, en bons écus de France, sonnant et trébuchant- mais qui, Msormais, sonneront et trébucheront. .. à Beyrouth. )) En Yenir à inspirer du dégoût aux Arabes et à leur faire désirer la tranquillité ... comme en Turquie, rnilà qui ne manque pas d'originalité. Ce résultat est obtenu sur une terre française et l'honneur en rejaillit sur notre pays tout entier. On peut être fier de l'œuvre accomplie par le grand parti français, - le seul patriote et loyaliste, - chacun sait cela. Qu'on le laisse faire et bientôt il ne restera plus en Algérie que les indigènes ruinés et pillés par les antijuifs, l'immense armée du paupérisme irrémédiable produit par les confiscations légales et les avoués de « bonne famille» que protége M. Marchal et qui viendront, désespérés autant qu'exaltés, grossir la tourbe <leceux que l'antisémitisme provoque chaque jour à l'insurrection. Ce danger, il a bien fallu que M. Laferrière le reconnaisse malgré les tortueuses précautions qu'il prend pour dénoncer M. Drumont tout en défendant les projets de loi qu'il dépose, et pour abominer :M.Milano tout en méritant les éloges de MM. Marchal et Morinaud. Ce juriste érudit, qui n'est qu'un administrateur pusillanime, a dû avouer pourtant que les polémiques des antisémites se produisent dans une colonie et en présence d'une population qui n'est pas comme ici entiérementfrançaise. Il faut faire la part de l'impression que ces provocations, ces _naceset ces tentatiYes produisent sur les éléments etrangers et indigènes. Je ne veux parler - et je dois le faire avec réserve, que d'un petit nombre de documents concernant les indigènes. L'un est un document familier émané d'un colon propriétaire qui emploie des indigènes pour les travaux de ses vignes. Il voit un ancien soldat, un ancien spahi, qui ne travaille pas; il lui dit : « Pourquoi ne travailles-tu pas? - Ne t'inquiète pas de mon sort, me répondit l'ancien spahi; d'ici l'hiver prochain, bien des événements surviendront. » L'un des indigènes prenant alors la parole, me tint le propos ci-après transcrit : « Tu ignores donc qu'avant peu Max Régis, notre ami, va ttre nommé
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==