La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA NATURALISAT!O~ DES JUIFS ALGÉR!El\'S 437 désigner les boutiques à fracturer ou les gens :i assassiner, venait, sur leurs pas, la tourbe des indigènes qui faisaient la razzia. Le mal n'était pas encore assez grand : il fallait porter le trouble dans l'esprit des grands chefs.« Jamais on n'a,•ait encore mêlé à notre politique et à nos polémiqucsïes indigènes musulmans. Il était réservé au parti des naturalisés d'infliger aux Algériens cc sca~dale et à la France cette humiliation ... Nul ne dénie aux Arabes le droit de s'occuper des intérêts comme des questions qui leur sont spéciales. Pour beaucoup de motifs, on serait heureux de YOir les indigènes comprendre l'importance d'une libre discussion ... Leur entrée aux délégations financières a été favorablement accueillie par tous les métropolitains ... Seulement, il y a une limite qu'il serait insensé de franchir : les Arabes sont et doiYent rester nos sujets. Ajoutons d'ailleurs qu'ils ne demandent pas autre chose : ils ont droit à notre justice, à notre équité, à notre assistance, mais ne doivent pas se mêler de nos affaires. Le jour où ils pourraient décider là-dessus, nous n'aurions plus qu'à nous embarquer et à faire place nette ... Pourt:111t les antijuifs n'hésitent ni au conseil gênerai de Constantine, ni dans les conseils municipaux où ils détiennent la majorité, ni dans les campagnes électorales à faire appel a leurs voix ou à leurs matraques, au risque de proYoquer des troubles très graves dont la répression créerait d'inexpiables rancunes, source d'une future insurrection. Voilà cc que le Fra11çnis du parti du « senor Eduardo >> appelle « intéresser les populations musulmanes A notre politique française! » au risque de déchainer contre tous les Européens les dernière·s \'Ïolences du fanatisme indigène. Ce langage impie amènera, si nous n'y mettons bon ordre, comme le dit très bien un publiciste algérien, une nouvelle insurrection qui fera couler bien du sang et des larmes ... Intéresser les populations musulmanes à notre politique française, c'est mener une bande <l'Arabes fanatiques à l'assaut du café où se sont retranchés un député français et ses amis comme à Duzerville; - c'est apposter sur la route d'un candidat des assassins, comme on l'a fait a Djidjelli; - c'est lancer les trois millions d'hommes qui composent la population toujours agitée que nous avons tant de peine à contenir, :i l'assaut des boutiques juiYes et françaises, des fermes isolées, des villages sans defense » (r). C'est enfin, en attendant mieux, retarder plus que jamais la solution du problcme capital de la securité algérienne. C'est surtout abaisser et avilir le rrénie de la France au niveau de la t> barbarie la plus arrierée et nous valoir cette honte que la masse honnête des indigènes en Yienne a noter qu'on ne voyait pas de semblables excès au temps des Turcs. (r) Lenormenù: Le.Péril élm11ger, p. 302-305.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==