LA REVUE SOCIALISTE LA Naturalisation des Juifs Algériens (Suite) \'I Si la politique coloniale a une excuse, elle ne peut la trouver que dans l'effort perpétuel du conquérant pour élever le peuple conquis à un plus haut degré de moralité et de prospérité, en ce sens on soutient que coloniser et ciYiliscr se confondent. Que penser alors de ces Algériens qui déclarent incontestablement odieux les procédés et les préjugés des Arabes, qui ajoutent a\·ec M. Marchal « qu'il n'est pas une conscience honnête qui ne les réprouve énergiquement » et qui se hâtent de conclure en nous invitant à les partager et à les imiter? Quel bel exemple de logique antisémite! Les Arabes, nous dit011, sont capables « de colére, de rancune et de violences odieuses ». Ils cédcnt à« une pensée constante de revanche contre des voleries ... imaginaires ». Ils sont animés des passions les plus rétrogrades, donc « il faut en tenir compte ». Voilà comment on comprend la mission de la France dans le parti cubain! Et, en effet, les excitations des antisémites ont eu pour résultat de porter au plus haut point de déchainement tous les appétits de révolte et de cupidité que la population indigene avait depuis longtemps réfrénés. A cette multitude « dont nous avons la charge, qui a tant de causes d'excitation, soit au dedans, soit au dehors », comme l'arnue M. Marchal, on a prêché le pillage, le vol et le meurtn:. Pendant les troubles de mai 1897, on disait couramment dans les douars qu'il était permis de tuer et de dépouiller tous les colporteurs israélites. Sur les marchés de Saïda, de Perrégeaux, on vit descendre armées des trognes patibulaires qui rappelaient aux anciens la grande insurrection de Bou-Amama; il fallut mobiliser des troupes. A Alger comme à Oran, pendant que les chefs européens se contentaient de
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