La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

34 LA RE\'U E SOCIALISTE leurs bureaux de placement à se mettre en rapport, <lans l'intérêt de la statistique, a\·cc les bureaux municipaux; mais il ne dissimulait pas que cc qui lui paraissait le plus sage, c'était le renoncement des syndicats au placement. Dira-t-on que le placement est pour les syndicats une arme? Mais si le syndicat est bible, quelle peut-être la puissance <le cette armée? S'il est fort, il dispose, pour la lutte, d'armes plus redoutables. Les bureaux de placement des syndic::its ne sont-ils pas impuissants ou inutiles? Aprés le rapporteur Leipart, l'assemblée entendit un co-rapporteur, Pœtsch, qui, tout en reconnaissant qu'il fall::iit faire des concessions aux faits, insista sur la nécessité de maintenir le principe que « le place111eudtes ouvriers appartient de droit aux syllllicats ». li montra d'ailleurs que si dans l'Allemagne du Sud, ou l'industrie est peu développée, oü les antagonismes de classes sont peu accentues, et oü les tendances de l'esprit public sont démocratiques, des bureaux de placement municipaux à commission mixte peuvent fonctionner d'une maniére libérale, il n'en serait pas de mên:e en Prusse, où régne la grande industrie, ou la lutte des classes est Yiolente, ou la bureaucratie compléte l'::iutocratie. Il ajouta que si les bureaux de placement des syndicats n'avaient pas pris encore, en général, une grande importance, cela tenait à ce que l'on en avait pris jusqu'ici trop peu de soin; et il aboutit à cette conclusion que, loin de renoncer à leurs institutions de placement, les syndicats avaient pour premier dcYoir de les développc·r. Le député \'on Elm, qui avait fait voter la résolution de 1896, reconnut, comme l'orateur précédent, qu'il était impossible de garder l'attitude intransigeante que l'on aYait prise au dernier congrès, mais il affirma comme lui que le principe ne pouYait pas être abandonné. Il insista sur cette idée que les syndicats, reconnaissant de plus .en plus la nécessité d'accorder des secours a ceux de leurs membres qui n'avaient pas <le travail, se trouYeraicnt en contradiction avec eux-mêmes s'ils renonçaient au placement. Un syndicat qui paie des secours à ceux de ses membres qui chôment ne doit-il pas s'organiser de manicre à diminuer leur nombre, et n'est-il pas conduit par suite à organiser le placement? Il rappela que les congres corporatifs internationaux avaient toujours maintenu le principe que le placement appartient de droit au syndicat; il attira l'attention de l'assemblée sur ce qui se passe en France et en Angleterre, ou les syndicats administrent le placement dans des bâtiments que les communes mettent à leur disposition ; il montra comment il est logique que les ounicrs, qui vendent leur force de travail, en organisent la vente chez eux, comme tout marchand organise chez lui la vente de ses marchandises, et il conclut en declarant: « Dans le mouvement syndical, nous sommes parfois forcés <le consentir à des compromis temporaires. Mais nous ne devons pas

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