LE TROJSJÉ~IE CO:-SGRÈS DES SYXDICATS ALLDIANDS 33 les déclarations suivantes : « C'est une erreur d'attendre de la fondation de bureaux de placements municipaux une amélioration de l'état présent. .. Par principe, il faut ecarter toute idée de possibilité d'une administration du placement par une commission mixte d'ouvriers et de patrons. » Cependant, au Congrès, une voix s'était éle,·ée contre le vote de l'ordre du jour, la voix d'un délègue'.:de Stuttgart, Leipart, qui avait déclaré que, dans tout le Wurtemberg, les syndicats avaient donné leur concours aux bureaux de placement municipaux, et se trouvaient fort satisfaits de leur fonctionnement. En dehors du \Vurtemberg, dans plusieurs États de l'Allemagne du Sud, les bureaux municipaux à commission mixte anient été administrés d'une maniere libèrale, et les syndicats s'étaient mis en rapport ayec eux : il y avait la un fait important dont le Congrès n'avait tenu aucun compte; le fait ne plia pas deYant l'ordre du jour; les bureaux municipaux <le placement se ... développcrent, les syndicats de l'Allemagne du Sud s'intéresscrcnt de plus en plus a leur administration, et il fallut, au Congrès de Francfort, revenir sur l'ordre du jour, pour l'adapter au fait. Le délégué Leip:nt, rapporteur, fit le procès de la résolution de Berlin. Cette résolution, dit-il, est d'un « radicalisme exagéré qui ne convient nullement à notre mouvement syndical ». Les syndicats ouniers ne font-ils pas avec les syndicats de patrons des conve11tio1d1es tarifs? Les ouvriers syndiqués ne rnnt-ils pas siéger, comme délégués ouvriers, dans les conseils de prud'hommes, dans l'administration des caisses de secours? li ne s'agit pas de nier les antagonismes de classes; mais les antagonismes de classes empêchent-ils de « traYailler raisonnablement ~t honnêtement ensemble?» - L'orateur ajouta qu'il lui paraissait juste que les patrons, qui fournissent la place, fussent représentés dans les bureaux de placement aussi bien que les ouvriers, qui fournissent le travail ; il insista sur la faiblesse de la plupart des bureaux de placement administrés par les syndicats, sur le développement rapide qu'avaient pris les bureaux municipaux, et il essaya de montrer comment les syndicats pourraient exercer une actio:1 bien plus considérable sur le marché du travail en participant à l'administration des bureaux municipaux qu'en s'efforcant de lutter contre le cours des choses, et de maintenir quand même leurs propres •bureaux. Au lieu de lutter contre la nouvelle institution, ne valait-il pas mieux que les syndicats essayassent de le pénétrer de leur esprit? Ne valait-il pas mieux s'intéresser à elle et essayer d'obtenir par elle ce qu'on n'avait pas pu réaliser par les syndicats: une statistique générale des salaires et du travail, par exemple, statistique dont la centralisation progressive des bureaux municipaux permettait d'entrevoir la prochaine réalisation? Et l'orateur invitait les syndicats qui conserYeraient
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