LA REVUE SOCIALISTE des délibérations du Congrès : je veux parler des bureaux de placement municipaux. Le placement des ouvriers doit-il être la chose du syndicat, et du syndicat seul ; ou bien les ouvriers organisés doivcntils, peunnt-ils abandonner le placement aux municipalités; peuventils donner leur concours aux bureaux municipaux administrés par des commissions mixtes comprenant en nombre égal des patrons et des ouvriers? L'apparition des bureaux de placement municipaux en Allemagne fut déterminée par la crise économique qui se fit jour en 1890. Les communes, ne pouvant assister tous les sans-travail, songèrent à les placer. Et pendant plusieurs années la question du placement des ouvriers préoccupa vivement l'opinion. Pour l'étudier, l'Académie librenllernn11de organisa, en 1893, à Francfort-sur-le-Mein, un congres social. Les milieux les plus différents y furent représentés : des docteurs et des professeurs, des délégucs d'associations patronales, de chambres de commerce, de bureaux de statistique, des magistrats et des fonctionnaires de la police s'y trouvcrent à côté de délégués des sociétés ouvricrcs protestantes, des associations Hirsch-Duncker, des syndicats allemands; des socialistes déclarés à côté de conservateurs. Et cependant, sur un point, l'accord se fit à peu prcs complet: ce fut l'opinion générale que les communes ne pouvaient pas se désintéresser du placement, qu'elles devaient créer et entretenir des bureaux de pla-· cernent; sans doute, sur la question de leur administration, de graves divergences d'opinion se manifestèrent : tandis que les ouvriers voulaient les voir aux mains des ouHiers, les délégués des organisations patronales demandaient qu'ils fussent administrés en commun par les patrons et les ouvriers, et d'autres, qu'ils fussent administrés par des employés de la commune. Mais tous voulaient également que la commune intervînt. - Ce fut ce résultat des délibérations qui frappa le plus vivement. l'opinion publique; des bureaux municipaux avaient dèjà été crée'.::,; rapidement leur '.nombre s'accrut. De tous côtés, les munièipalités se mirent à l'œuvre. Mais l'œuvre qu'elles accomplissaient n'était pas celle qu'avaient demandée au congrès les délégués des syndicats; tantôt elles administraient leurs bureaux de placement elles-mêmes, tantôt elles les mettaient aux mains de commissions mixtes de patrons et d'ouvriers : aucune d'elle ne lina l'administration de son bureau aux ouvriers seuls. Les patrons se déclarèrent satisfaits de l'institution nouvelle; avec les patrons, le gouvernement déclara voir en elle un moyen de faire perdre aux ouvriers l'habitude des grcves et de tuer les institutions de placement des syndicats. Et dans les milieux syndicaux un ' courant violemment hostile ne tarda pas à se former. Au Congres de Berlin, en 1896, un ordre du jour fut adopté dans lequel se trouvent
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