La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

403 Shangaï, à Vladivostok, à i\lanille, et m0mc dans les Détroits et dans b mer des Indes,.\ Calcutta et Bombay, il se crèe une clicntele croissante. Ses sorties de houille montaient de 23 millions en 1889 à 28 en t893 à 40 en 1895, à 48 en 1896, à 62 en r89ï, Plus loin nous pourrons rnir quels de,·eloppcments prodigieux ont 'pris les industries des allumettes et des tissus. Pour l'heure il s'agit uniquement de déterminer dans quelle mesure cette expansion s'est traduite aux exportations. L'Empire Yendait en 1889 pour 5 millions d'allumettes; en 1891, pour 18; en 189ï, pour 28; sur les fils et tissus de coton, ses expéditions passaient de 1 a 8 et à 80; sur les tissus de soie, de 6 à 20 et à 49, alors que pour les soies brutes les statistiques bondissaient de 69 à r.p et 2ï8; sur les mousselines, les chiffres grossissaie1:t de 12 à Iï et à r8; :,ur les nattes, de r:i 8 et .i 16; sur les tresses de paille, de I a 2 et à I 6; sur les cui\TCSen barres, de 8 a I 3 et a 24. Que le lecteur nous pardonne ces ènumérations un peu si:ches et fastidieuses. Elles porteront, pour l'instant, en dies-mêmes, et sans autre commentaire, des enseignements prècis. i\lais il conYient pourtant d'ajouter, sur le champ, un mot, pour é,·itcr toute erreur, et pour bien mesurer l'élan économique du Japon. Les statistiques commerciales ne nous donnent q'u'un aperçu partiel de la réalité, qu'uneYision fragmentaire de l'essor pris par cc pays en tous les sens. La courbe des échanges n'a pas calque très exactement celle de la production industrielle, car en toute contrée é,·eillée soudain à la fabrication mécanique, la consommation intérieure se multiplie beaucoup plus h:'\ti,·ement que les exportations. C'est pourquoi nous conceYons la nécessitt'.d: radjoindrc d'autres constatations aux obser\'ations déjà formulées. Il n'est pas sans intérêt de relever les relations commerciales du Japon, à l'entrée et à la sortie, avec les principales puissances. Ces rapports déterminent souYent les autres, expliquent les combinaisons diplomatiques : ici, il est incontestable que leur examen jettera quelque lumiere dans les ténèbres de la question Extrême-Orientale. Le Royaume-Uni a tri:s largement développé ses ventes au Japon dans les neuf dernières :innées, et si l'on s'en rapporte aux chiffres pris en expression absolue, il aurait même été le principal bénéficiaire du mouvement que nous étudions: qo millions en 1889, 226 en 189,1, 323 en 1896, 350 en r89ï· La Russie, maigre la proximité de ses dépendances asiatiques, a éte moins favorisée : 2 millions en I 889, 11 en 189ï. P.1ssons encore sous silence la France qui gagne à peine 9 millions dans la série de ces exercices; l'Allemagne accuse 98 contre 2ï; les États-Unis, 145 contre 33; les Indes, 1 S2 contre 3ï; la Chine et Hong-Kong, 218 contre 56; la Corée, 4ï contre ï; les Philippines, 16 contre r 1/2. Les achats de l'empire mikadonal hors d'Europe constituent aujourd'hui la moitié du total de ses acquisitions;

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