La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE aux pays asiatiques seuls, il offre un marché de 427 millions, contre roo e·n 1889. Le débouché qu'il présente aux puissances de notre continent n'excéde pas 575 contre 195 en 1889; la poussée, donc, loin d'être. égale dans les deux compartiments, s'est exercée surtout au profit du premier. Cette observation n'est pas dépourvue de sens. Avec quelques variantes, nous retrouvons des conclusions identiques à l'exportation. L'Europe, qui achetait au Japon pour 119 millions en 1889, lui constituait une clientèle de 220 en 1897; l'Asie, elle, portait son chiffre de Sr à 300; quant à l'Amérique, elle absorbait pour 290 millic,ns à la fin de la période des neuf années, contre 140 au dcbut. L'empire du Soleil LeYant, avec 300 millions à la sortie et 427 à l'entrée, se classe ainsi comme un grand moteur des pays asiatiques, à qui il distribue les produits et impose l'activité. En Chine, il gagne hâtivement du terrain sur l'Angleterre; aux Indes, il a plus que quadruplé son exportation; en Corée, il l'a quintuplée. Pour ces trois contrées, il représente un marchand, en même temps qu'un client, de tout premier ordre, enlcYant leurs denrées alimentaires, leur riz surtout, rapportant en échange les parapluies, les allumettes, les tissus de soie ou de coton, etc., qu'il line à un tai..lxplus bas que ses rivaux anglais, allemands, américains, à des prix inférieurs souvent de 50 °/ 0 à ceux des négociants de Birmingham et de i\fanchester. On fait curieux entre tous, c'est que les parapluies britanniques ont totalement disparu de Singapour où ils s'écoulaient sans difficulté autrefois; un autre fait, plus grave encore pour le Royaume-Uni, c'est que ses cotonnades, déjù concurrencées en Chine par celles de l'Inde, sont exclues aujourd'hui par les produits moins coûteux et presque aussi solides du Nippon. La conquête économique de l'Asie par cet empire, conquête gui se poursuit avec une sorte de fièvre, qui en tout cas est menée avec beaucoup d'intelligence, de précaution, de connaissance des gens et des choses, est un evénement considérable, qui mérite toute l'attention de l'Europe, et gui est susceptible de se traduire dans le domaine de la politique pure, par des événements plus dccisifs encore. Il semble qu'il y ait une campagne mûrement méditée, préparée dans ses plus minces détails par les hommes d'État de Tokio, pour conférer, aYant toutes choses, au Japon, une façon de maîtrise commerciale dans l'Extrèrne-Orient. Pour l'heure, l'Europe et l'Amérique les intéressent beaucoup moins que les contrées asiatiques, dont ils prétendent vraiment accaparer, monopoliser les échanges. Et sans doute, en jetant leur dévolu sur la Chine, ils ne calculent pas s1 legèrement ! * * * Il est assez aisé de mesurer les progrès de l'industrie de l'Empire du Solei: Levant, à l'aide de ses ;;lus récentes stat;stioues. Nous deYons

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