402 LA REVUE SOCIALISTE traire, et tel est le sort commun des grandes puissances de production et d'échange. * Poussons plus avant cette décomposition. L'Empire du Soleil Levant a-t-il a la fois accru ses importations sur tous les articles ou les a-t-il seulement augmentées sur les produits fabriqués? Question d'importance, puisque la solution nous permettra tout de suite d'apprécier le mode d'activité du Japon. Or, dans les statistiques que l'administration de Tokio recueille et public chaque année et qui pourraient être proposées en exemple à bien des États européens, plusieurs faits appellent l'attention. D'abord les entrées de produits alimentaires se sont presque sextuplées, montant de 40 millions en 1889, a 85 en 1893, et 235 en 1897. Le riz, qui a passé d'un demi-million i 105 millions, et les sucres qui chiffrent par 100 au lieu de 37, représentent la presque totalité de cette énorme différence. L'on Youdra bien admettre ici, que même l'insuffisance fortuite d'ùnc récolte, sur la première de ces denrées, ne suffirait pas à justifier l'excédent de demande que le Japon a dû adresser à l'extérieur : force est donc de l'attribuer pour une large part à la croissance de la consommation, tout comme l'intégralité de la majoration sur les sucres. En second lieu, le coton brut a multiplié treize fois ses importations dans la période considérce : 17 mil! ions en 1889, 78 en 1893; 2 15 en 1897. Yoila certes un élément de jugement essentiel et qu'il çon- ,·iendrait de rapprocher d'une part de la réduction opérée sur les entrées de files: 48 millions en 1897 contre 62 en 1889 - et d'autre part de ia poussée des exportations sur le coton traYaillé. En troisiérne lieu, si l'on passe au chapitre des objets manufactures, c'est l'outillage indispensable de l'industrie et des transports qui a le plus copieusement augmenté ses achats au dehors : pour les rails, 4 millions en 1889, 7 en 1893, 27 en 1897: pour les machines, 1 million en 1889, 2 en 1893, 22 en 1897. Les exportations nous fournissent tres exactement la contrepartie de ces données. Hors les produits alimentaires, le Japon poursuit l'augmentation de ses ventes sur toutes les catégories, matières premières et objets manufacturés. Cette dualité d'activité, si rare chez les grandes puissances européennes - l'Angleterre expédie de la houille, non de la soie; la Russie beaucoup de céréales, et trés peu de tissus-et qu'on ne rencontre guère par ailleurs qu'aux États-Unis, reste un trait caractéristique. Le charbon mérite une remarque particulière. Le Japon devient le fournisseur attitré de toutes les contrées littorales du Pacifique, d'où il expulse peu à peu le combustible de Newcastle. et de Cardiff. A
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