La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

• LA CRISE DE CROISSA>:CE DU SOCIALJS)IE FRA>:ÇAIS 393 l'hygiéne, la démographie, l'histoire, et tant d'autres maticres peuvent être vulgarisées, attirons et retenons la jeunesse studieuse. Par des fêtes d'art et de pensée, offrons aux familles une saine communion avec le génie humain, multiplions pour elles les occasions de fraterniser dans la joie du moment et dans l'espérance de l'avenir, et nous neutraliserons les effoi·ts que fait le prêtre pour retenir l'àme de la femme et de l'enfant. Organisons des aujourd'hui le cadre de la vie intellectuelle et affectiYe de l'avenir. Faisons à nos idees cette propagande de montrer que le monde idéal contenu dans notre cerveau peut fleurir en beauté, en bonté et en utilité, même sur l'ingrat terrain social du temps prcsent. Mais rCYenons à la politique réaliste du socialisme, si tant est que nous l'ayons quittée, et pour ma part je ne le crois point. Mais j'entends, en parlant ainsi, l'action qui lui incombe plus directement en tant que parti organisé. Je Youdrais pourtant dire auparavant un mot de l'organisation et de l'action syndicales, et trav~ller de mon mieux à la disparition d'un graYe malentendu entre certains éléments socialistes et certains Uéments syndicaux. Tout d'abord, ici, je dois déclarer, car je le pense, qu'un socialiste qui ne fait pas partie de la chambre syndicale de sa profession, si deYoué et si militant soit-il dans la propagande théorique et politique, ne va pas jusqu'au bout du devoir qui incombe à la qualité de socialiste. Et ceci me n1:età mon aise pour déclarer avec la même sincérite qu'un ouvrier qui croit pouYOir séparer les intérêts de s:i. corporation de l'ensemble des intérêts de la cl,1sse ouvriére, si dévoué à son syndicat soit-il, ne va pas même jusqu'à la moitié de son devoir. Que si, agissant par la fédération syndicale et la considérant comme unique instrument d'émancipation de sa classe, l'ouvrier refuse d'entrer sur le terrain de la lutte politique, il se priYe volontairement de moyens d'action puissants et refuse à ses efforts les sanctions par lesquelles ils pourront donner un résultat. Est-ce à dire que nous devions mêler ensemble l'action politique et l'action syndicale? Non, ces deux organes ont des fonctions distinctes et nettement appropriées à leur but. Est-ce à dire qu'on doive •subordonner l'action syndicale à l'action politique? Pas da,•antage. Il est question de division et non de subordination des tàches émancipatrices. Ces deux formes du groupement socialiste se complétent et doivent coexister sans empiétement et sans hostilité, au contraire .. Il suffit pour cela que l'organisation politique reconnaisse la nécessité et l'utilité de l'organisation syndicale, et réciproquement. Les conflits qui se sont produits jusqu'à ce jour, non seulement dans notre pays, mais encore chez nos voisins d'Allemagne notamment, entre ces deux agents essentiels d'émancipation ouvrière, viennent de ce que chacun d'eux a été trop porté à croire qu'il pouvait suffire seul à la

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