LA REVUE SOCIALISTE des dogmes du péché originel et de la grf1ce. AYec Élisée Reclus, ]'ethnographie refuse de prêter ses conclusions aux guerres de race et réduit les antisémites au pitoyable aYcu de leur Mbilité scientifique et de leurs desseins purement rétrogrades. On peut donc dire que, si le socialisme emprunte ses moyens à la science, il ne reste pas pour cela son d<'.:bitcurpuisqu'il la présen·e et l'enrichit aprcs l'aYoir éprouYée au contact des faits mouvants et des réalitcs YiYantes du domaine sociologique. Aussi, la pensée socialiste peut fort bien être exprimce par un parti; mais ce parti, quelle que soit sa puissance de bonne Yolontc, d'intelligence des faits et d'action politique, ne peut la contenir, en tout cas l'exprimer tout entière. Certes nous deYons faire entrer dans la politique socialiste quantile'.:de moyens et de buts qui n'y sont pas ou n'y sont que d'une maniére incompletc et comme subsidiaire. La force des choses a d'ailleurs toujours contraint la politique socialiste à ne pas se cantonner dans la lutte cconomique. L'action presque unanime de notre parti àans le mouYemcnt d'opinion en faveur de l'innocence de Dreyfus est une prcuYc saisissante que, d'instinct, les socialistes ne se résignent pas à prendre le silence de la doctrine sur certains points pour une interdiction d'agir. Il leur suffit au contraire d'être socialistes pour ne pouYoir demeurer impassibles et neutres dans un combat entre la véritc et le mensonge, entre la pitié et la cruauté, entre la justice et l'iniquitc. Aujourd'hui que le champ de bataille s'est clargi et précise, gri'icc à cette affaire Dreyfus que certains de nos amis auraient Youlu nous YOirabandonner, ne sentez-vous pas que le socialisme cùt fait faillite à sa doctrine et le parti socialiste ù sa mission si nous ne nous ctions pas trouvés là pour contraindre les cYénernents à prendre leur Yéritable signification et les hommes à confesser leurs Ycritables desseins. La bourgeoisie, effarée par le péril socialiste, renonçait à sa tradition libérale. Pour contenir les foules et retarder sa dcchéance économique et sociale, elle souscriYait à sa déchcancc intellectuelle, politique et morale. Chaque victoire socialiste faisait faire a sa frayeur un bond vers le passe. Consciente de son impuissance, se sachant abandonnée des clemcnts intellectuels de la nation qu'elle avait stupidement relégucs avec le prolétariat dans un servage commun, elle appela le prêtre et le soldat à son secours. Et nous n'aurions pas suivi l'ennemi dans cc dernier refuge ! Et nous eussions continue la lutte simple contre la bourgeoisie, la lutte économique, alors qu'elle triplait ses moyens de dcfense et les transformait en moyens d'attaque! Et c'est cette tactique a\'eugle qu'on ose prétendre scientifique! Qui ne voit au contraire que l'honneur de Jaurès, cc grand idéaliste, et de l'immense masse des socialistes qui ont suiYi son impulsion est d'aYoir vcritablemcnt en cette aflaire pratique la po-
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