La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

374 LA REVUE SOCIALISTE prolétariat de s'unir et de s'orgar,iser pour prendre la direction de l'administration des affaires publiques, et l'organisation rationnel'e du travail. Question nia/ive au droit d'association Le Congrès, Considérant que les sociétés ou nations ne peuvent vivre et prospérer •qu'en se basant sur la famille et le tra\'ail; Que tous ceux qui s'éloignent \'Olontairement de ces ~ources de la civilisation, tels les gens, qui, êtres du même sexe se réunissent, pour vivre en commun, paraissant éloignés du molllle pour le trahir et le spolier, se constituant des fortunes collectives considérables, par le vol, le mensonge et la fourberie; se livrant à h paresse et exploitant sans vergogne les pauvres qu'ils condamnent à travailler pour une nourriture et des soins insuffisants; se faisant les auxiliaires des gens de réaction et d'obscurantisme; d'ailleurs fanatiques intol~rants et immoraux; Dit, qu'au nom de la morale outragée et dans l'intérêt des sociétés même, ces réunions d'êtres, appelées congrégations, couvents, refuges, etc., doivent être dispersées, leurs prétendus biens et propriétés faire retour à la nation. Et pour l'extension de la pensée humaine, de la solidarité et du trarnil, Le Congrès, Demande que la liberté soit laissée à tous de rechercher par l'association des idées et des efforts les voies et moyens d'affranchir l'humanité des obstacles qui barrent la route à l'harmonie universelle. Altei11/e à la jurisprudence de la prnd'bo111ie MM. Paul Beauregard et Lannes de J\lontebello disent, pour justifier leur attaque contre les conseils de prud'hommes : « Que cette institution, après avoir pendant un certain temps, répondu à son but, est tombée dans un discrédit regrettable, et ne rend plus, que d'une façon imparfaite, les services importants que, dans l'intérêt de la conciliation sociale, en était en droit d'en attendre. » Ce préambule indique la mauvaise foi qui a présidé au projet de loi soumis à la Ch~,mbre des députés le 8 no\'embre 1898. Nous affirmons que ce sont les patrons qui ont fait dévier de son but conciliateur cette juridiction admise par tous, en introduisant par des chicanes procédurières des demandes reconventionnelles injustifiées, en provoquant des conflits avec le tribunal de commerce, conflits calculés, vu les lenteurs de cette dernière juridiction et surtout sur le recrutement particulier de ce tribunal d'appel. Avec la Commission de classement des rapports, nous ne nous faisons aucune illusion sur le remaniement complet de l'institution de la prud'homie; nous signalons simplement des lacunes aux législateurs tout en répétant que les socialistes ne peuvent compter sur des lois banales pour leur affranchissement, notre objectif étant de vivre dans une société réellement libre, où l'inégalité ne sera pas criante comme dans l'actuelle société, et nous espérons que ce rêve deviendra une réalité, en raison des effets communs combinés vers la révolution sociale. Cette nette déclaration de principes faite, à titre de mise en demeure, votre Commission ,·ous soumet les résolutions suivantes : « Le XV• Congrès régional du Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire repousse le projet Lannes de i\lontebello. Réservant l'action de la grève générale pour des cas d'une gravité particulière, il ne saurait la provoquer au sujet de l'atteinte à la juridiction de la prud'homie. J\lais, si le projet Lannes de Montebello-Beauregard était voté, il serait nécessaire de crcfer une énergique agitation contre lui. » A cet effet, le Congrès décide : « Dès le vote de la loi, tous les conseillers prud'hommes ouvriers devront, e·t ce i11dfrid11elle111enl, envoyer leur démission au Préfet de la Seine. "

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