LA CRISE l)IJ PARTI SOCIALISTE entre leurs mains, un instrument d'agitation et de trouble :1vcc lequel la France subit le déshonneur d'aYoir à compter. Tels sont les éléments politiques et sociaux qui conspirent anjourd'hui le re1wcrsement des institutions républicaines. C'e:.t en Yain qu'on a vu ,\ l'œune dans l'affaire Dreyfus cei.tx dont la coalition menace de nous jeter dans je ne sais quelle tourmente n'.·actio1111aire au bout de laquelle on entremit une monard1ie cléricale et militaire, faite de barbarie soldatesque et d'oppression religieuse, dans laquelle sombreraient tous les résultats acquis par le prolétariat. Et devant une pareille perspective, le parti socialiste se croiserait les bras? J'entends : nos contradicteurs opposent au tableau de la réaction nobiliaire et cléricale le tableau de la réaction capitaliste que nous aurions sauvée de celle-là, pour lui permettre de mieux ri\1er les chaînes de la scn·itude économiqul'. Lafargue a rappelé que les socialistes ayant aidl'.·la bourgeoisie :\ sau\·cr la République en 1889, les gouYernants bourgeois n'eurent rien de plus pressé, au lendemain de la défaite de Boulanger, que de pourchasser les socialistes. D'abord, cela est inexact. En 1888-1889, les socialistes n'ont rien sauvé du tout. Ils étaient une poignée, dispersés sur toutl.' Li surface du territoire. Les militants, comme je l'ai dit, se coupérent en deux; les uns (dont nous étions) rallièrent franchement le drapeau de la république bourgeoise contre Boulanger; les autrl's, :ivcc Lafargue et Gul.'sdc, ou se croisércnt les bras, ou accablèrent de leurs imprécations Yaines les deux partis aux prises. Le résultat obtenu par nous comme par eux fut le mème : a Paris et dans le 1ord, c'est-,i-dire les centres qui comptaient un peu plus de socialistes que partout ailleurs, les prolétaires votcrent comme un seul homme pour Boulanger. Le parti socialiste ne sauva donc rien du tout en 1888-1889 - ayons la franchise et le courage de l'avouer. i\fais quand même nous aurions contribué dans unci mesure plus gr:indc à consolider la République et quand même la bourgeoisie libérale, la classe capitaliste, par nous débarrassée du boulangisme, aurait continue sa lutte implacable contre nous, je dis que nous n'aurions rien à regretter de notre intervention, et que le parti socialiste n'aurait pas etc dupe. . Le prolétariat, en effet, ne saurait rester indifférent au péril que courent les institutions libérales du fait d'un retour offensif de la réaction feodale, cléricale et militaire. Le triomphe de celle-ci n'entraînerait pas seulement de graves dommages pour les intérêts de la classe capitaliste; le prolétariat courrait des risques encore plus grands et
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