LA CIUSE l)l' PAl{TJ SOCI.\I.IS1 E Seukmcnt, le retour à une conception doctrinale et à une tactique délaissées par la force même des <'.:Yc'.:nemcns'tesffectue à une heure critique, quand un ensemble de faits concordants Yicnt démontrer d'une façon éclatante la fausseté du point de départ et solliciter le socialisme de pénetrcr plus profondc'.:mcnt que jamais la Yie politique et sociale de ~c pays, sous peine de perdre les n'.·sultats acquis par une politique d'efforts féconds, au cours de ces cinq dernilres annees. Il est é,·idcnt, en effet, que nous traYersons une heure o-rayc l:> ' pleine d'embùchcs redoutables. Depuis deux ans, l'ensemble des forces réactionnaires, clergé, armée, coteries féodales et nobili,1ires, affirment insolemment la Yolonté d\:n finir an:c la République et les institutions libérales. L'armée est en insurrection oLm:rte contre la loi. Le clergé est l'inspirateur visible de l'agitation militaire et les bénéficiaires de l'action engagée contre la République ~craicnt, si celle-ci aboutissait, les pires ennemis du prolétariat. Je Yois d'ici le ricanement de Laforo-uc. Toutes les fractions des l:> partis possédants sont, au 1111'.'.mtitcre, les ennemis du prolétariat et celui-ci doit faire face à toutes les réactions coalisées, sans s'inqui('.;terde l'étiquette qu'elles prennent: il n'y a pas de libéraux, de monarchistes, ni de républicains ni de cléric:wx, il n'y a que des possédants et des non-possédants, œux-ci contre ceux-1:i,luttant, les uns pour l,c maintien de leurs pri·Yilcges économiques, les autres pour leur affranchissement de l'oppression qui résulte de ces priYilégcs. Et c'est L'i qu'est l'erreur manifeste - j'allais dire YOlontairc, tant elle est patente - de nos con trad ictcurs. Ils enYisagentl'cnsem bledes détenteurs des ·moyens de production comme un bloc d'intén.:ts indi\'isiblcs et solidaires Jans tous les temps et lieux. Or, s'il en est ainsi, si les intérêts propriétaires forment un tout uniforme, i1wariablc, comment expliquer les riYalités politiques ardentes qui les divisent si profondément à certaines heures? Je ne suis pas suspect, aux yeux de Guesde, de Lafargue et de ses amis, d'attribuer aux intcrêts économiques une influence cxccssi\'e sur la marche et la détermination des éYénernents politiques. Quand on assiste cependant à la poussée formidable des tentatin~s politiques comme celles que nous \'oyons se produire depuis deux ans,quand on ,·oit l'acharnement mis par tous les partis réactionnaires à d('.;truire l'ordre de choses actuel, encore convient-il, si l'on professe à un degré quelconque le matérialisme économique de Marx, de se demander à quelle bataille d'intérêts, à quelle ri,·alité de privilèges peut correspondre la mêlée politique furieuse qui se li\Te sous nos yeux. Le matérialisme économique de Marx dont se revendiquent nos contradicteurs et qu'ils nous accusent de m<'.:connaître,donne comme substratum aux faits politiques, juridiques et religieux, des intérêts de classe issus du \
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