LA RE\'L 1E SOCIALISTE Malcrrè en effet, les causes de faiblesse que les discussions inté- "' ' ricures entretenaient au sein du socialisme, le nombre de ses adhérents s'accroissait par la force même des choses, plus puissante que les obstacles que lui dressaient les hommes. Quelques élus pcnétrcrcnt dans les corps électifs : dans les conseils municipaux d'abord où, en face de possibilités d'amélioration partielle, jusque-là méconnues, la rigidité de la conception de la lutte de classe s'assouplit et s'adapta aux nécessités de fait que les socialistes trouYaient devant eux. Les Possibilistcs entrèrent au conseil municipal de Paris, les adhérents du groupe de Guesde dans quelques conseils municipaux du Nord et du Centre. Contrairement au dogme du bloc professé jusqu'alors, les élus et par eux leur parti rc\'inrent sur le dédain qu'ils nour- · rissaient à l'cgard des améliorations de détail. L'efficacité de l'action électorale fut reconnue, non plus seulement comme moyen de recrutement socialiste, mais encore comme moyen d'obtenir des résultats sociaux partiels. Des lors, les élus ne furent plus des mandataires chargés d'adresser ;\ la bourgeoisie Lt sommation hautaine d'avoir à céder la place, mais ils discutèrent avec ses représentants le bien fondé d'une partie des re\'Cndications de la classe ouvrière. Sans rien abandonner de leur programme de classe, ces élus firent de la besogne utile, plaidèrent la cause du prolctariat dont ils affirmaient les droits généraux, tout en profitant des rivalités qui mettaient aux prises les autres partis, pour obtenir d'eux des concessions importantes. Alors apparut le fait, déjà signalé par Marx, mais négligé par la plupart de ceux qui se réclament de lui, que l'identitc des intcrêts posscdants n'est qu'imparfaitemcnt réalisée et que des conflits d'intérêts peuYent armer bourgeois contre bourgeois, propriétaire contre propriétaire. Entre ces rÎ'\'alités sociales, le prolétariat organisé peut, par son appoint, faire pencher la balance au sein des corps electifs. A ses élus de soutenir ceux dont le triomphe sera le moins dommageable aux intérêts prolétariens. De là les alliances électorales conclues, les pactes intervenus entre diverses fractions des partis bourgeois et le parti socialiste. De la le reproche adressé par Cadenat aux membres de son Parti, d'aYoir eux aussi commis des « déYiations )), Pour tout socialiste resté dans l'état d'esprit de 1879-80, le reproche est parfaitement fondé. Les candidats socialistes ne se préoccupaient aucunement, au début de la fondation du parti, de la perturbation que pouvait jeter leur interYention dans la situation respectiYe des autres partis. Peu importait qu'en groupant un certain nombre de voix autour d'un collectiviste, on enlevât au candidat radical l'appoint qui lui aurait permis de battre le candidat opportuniste ou même le candidat reactionnaire. Opportunistes, radicaux, monarchistes, les socialistes de la première pcriode n'avaient cure des uns ou des autres.1 'étaient-ils pas des adYer-
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