La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

354 LA RE\'UE SOCIALISTE Qu\:llc ne laisse place, par suite, qu'ù l'occupation des positions électives dont le parti peut s'emparer au moyen de ses propres forces, c'est-ù-dire de~ travailleurs organisés en parti de classe. JI laissepour l'a'l!mir, au Conseil 11atio11alle soi11d'exa111i11àe1/·'occasio11et se/ou lescirco11stancesi, sans quitter 1i, terrain de la lutte de classl', d'autres positio11sp,·u,·e11ét trc occupl't'S. Ouf! la rédaction de ces dix lignes a dù être singulièrement laborieuse, si j'en juge par l'effort consacre à la rendre inintelligible. Les congres socialistes devraient, me semble-t-il, parler toujours un langage clair, marqué au coin de la loyauté, et j'éprouve une impression pénible à la lecture de ces phr:ises alambiquccs, combinées de façon à inspirer le doute et l'incertitude d'interprétation. Cependant, quelques ambiguïtés qu'on ait accumulées d:ins le texte de ces rcsolutions contradictoires, on aperçoit facilement qu'elles sont le résultat d'une transaction entre les adversaires irréductibles de l'entrée de Millerand dans le cabinet \Valdeck-Rousseau et les autres. Le Congrès a posé en régie géncrale que les élus socialistes ne dcYaient pas faire partie d'un cabinet bourgeois; après quoi, il a admis que des circonstances pounient se présenter, créant au socialisme la nécessité de se dcpartir de l'intransigeance formulée dans la première résolution, et le Conseil national est laissé juge de ces circonstances. - Je traduis ainsi le dernier paragraphe, parce que je suppose que la « position » de ministre est comprise au nombre des « positions non électives» qu'en cas d'c\'énernent extraordinaire les socialistes pourraient occuper dans un gouvernement bourgeois. Eh bien! mais il me semble que nous sommes bien près d'être d'accord et qu':ivant de nous injurier, nous eussions mieux fait de discuter et de ti'ichcr à nous entendre? Qu'en dites-vous, citoyen L:ifargue? * * * Le Congres d'Epernay a très bien posé la question que le congr0s gcnéral du socialisme aura à résoudre dans quelques jours. Tl s'est clevé, avec juste raison contre la possibilité que le parti socialiste pùt s'engager, à la suite de Miller:ind, dans les sentiers oü le parti radical s'est fourYoyc et perdu, à la recherche des favcurs·gouvernementalcs et des portefeuilles ministériels. Le socialisme ne traîne pas après lui des appétits de groupe et de coterie qui ne peuvent se satisfaire qu'à l'aide d'arrangements mesquins, combinés dans les intrigues de couloir. Les intérêts que nous rçprésentons sont ceux de la classe prolétarienne et les avantages que noc1s pouvons espcrer de notre ac~ion politique cloi\'ent s'étendre à l'ensemble du prolétariat tout entier, sous peine

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