LA CRISE Dl' PARTI SOCIAl.l~TE 353 d'un manifeste dans lequel sont excommuniés <lesmilitants que je suis habitué à considérer comme de vieux et solides amis avec lesquels je suis en relations depuis que j'ai l';'tge d'homme, gui ont lutté à nos cotés et gui se retrouYeront ayec nous dans les batailles de demain. Dans notre région, les groupements socialistes ont éprou,·é un pénible sentiment en lisant le document que \'OUS a,·ez lin[ à l'opinion. Votre nom, celui de Lafargue, sont associés, dans la masse socialiste, :'t ceux de Millerand, de Viviani, de Fourniére, de Rouanet. Dans nos aaoloo,:, mérations ouYrières, on aime les socialistes qui luttent pour la bonne cause : Jaun:s, Gérault-Richard sont de ceux-là. » Évidemment tous ces militants du Parti OuHier que le Socialiste nous dit avoir pris part à la discussion qui précéda le YOte des résolutions citées plus haut, durent s'expliquer sur leur opinion et celle de leurs groupes favorables à l'initiatin:' prise par Millerand, hostiles, par conséquent, a la publication du i\lanifcste. D'autres, tels que Ferroul, député de Narbonne, qui rappela quL' Fournil'.:rca\'ait rédigé avec lui, en 1879, les résolutions du Congrès de i\farseille; Légitimus, déput[ de la Guadeloupe, qui a désaYoué l'apposition de sa signature au bas du document; nombre d'autres, également, qu'il serait trop long d'énumérer, durent être amenés :'texpliquer les motifs pour lesquels ib avaient blàmé la rédaction et la publication du i\lanifcste. Quels arguments inYoqtia le conseil national pour les conYaincre d'erreur? Ces protestataires sont-ils seulement ren:nus de leur opinion, approuvent-ils aujourd'hui les actes qu'ils condamnaient hier et blàment-ils la politique à l:iquelle ils adhérèrent en \'Otant pour le cabinet Waldeck-Rousseau? Le So(ialislc, encore une fois, est muet sur l'échange de vues gui a eu lieu entre les opinions contradictoire_s signalées plus haut. Peu nous importe d'ailleurs. De: l'accord fait ù Epernay entre ceux des membres du Parti Ouvrier qui approuvaient notre attitude et ceux gui la fü·trirent dans le manifeste, il résulte que nous ne sommes pas les « fantaisistes » dont s'est gaussé Lafargue dans les derniers numéros du Socialiste, et cette constatation nous suffit. D'ailleurs, le Congrès d'Épernay, comme je l'ai dit, a voulu satisfaire tout le mon<le et le point litigieux que le prochain congrès général du parti sera appelé à résoudre a reçu un commencement de solution conforme à nos desiderata. Après avoir, en effet, adopté la décision précitée, le même Congres a voté, à l'unanimité, la résolution suivante Le Congrès rappelle : Que par conquête des pouvoirs publics, le Parti Ouvrier Frnnçais a toujours entendu l'expropriation politique de la classe capitaliste, que l'expr9priation ait lieu pacifiquement ou. violemment ;
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