LA REYUE SOCIALISTE l'ordre du jour conçu dans le même esprit qui avait été soumis à l'assemblée fut adopté, sans discussion, à l'unanimité. lV LES co:-;YENTIOXS DE TARIFS Après avoir répondu aux. menaces de !'Empereur, après avoir affirmé que les organisations syndicales étaient assez fortes pour accepter la lutte, le Congrés aborda l'étude de diverses questions concernant les rapports de la classe ouvrière organisée avec les patrons, la commune, l'État; il s'occupa des co11vmlio11dse tarifs, du place111ed1e1stouvriers, des secré/arialsouvriers, de l'i11specliodnu travail. La question des co11venlio1d1es /(tl)fs avait été mise à l'ordre du jour du Congrès à l'occasion des débats qu'avait provoqués, principalement parmi les ouvriers typographes, la c01wention de tarif que la fédération Jes Typographes avait conclue en 1896 avec le syndicat des patrons imprimeurs. Et il importe tout d'abord de jeter un regard sur le passé de l'organisation des typographes; il importe de constater que nulle autre organisation, en Allemagne, n'a mené tant de greves, n'a si souvent lutté. En 1848, nous voyons déjà le syndicat soutenir à Hambourg une grève de sept semaines; en 1865, il lutte à Leipzig; en 1868, la greve éclate à Berlin, à Francfort-sur-l'Oder, dans bien d'autres villes, pour la conquête du repos du dimanche; en 1871, elle éclate en cinquante lieux différents pour la conquète de salaires plus éleves. Enfin, en I 872, la Fédération prépare une lutte plus générale; elle fixe un tarif unique pour toute l'Allemagne et décide que, dès l'année suivante, il devra entrer en application. Aussitôt les patrons s'organisent et s'entendent pour prononcer un lock-out général contre les membres de la Fédération, si en un seul lieu les ouvriers se mettent en grèYe pour obtenir l'application du tarif. La fgrève éclate le 1er février 1873 à Leipzig: le 8 mars, en 70 lieux., 8,000 membres de la Fédération sont congédiés. La Fédération, qui ne comprenait que 7,000 membres, se trouvait ainsi lourdement frappée : elle n'était pas abattue. Et, le 1er mai, les patrons, comprenant qu'ils avaient en face d'eux. une force, se déclarèrent prêts à négocier. Une conventionde tarifs fut arrêtée entre l'organisation des ouvriers et l'organisation des patrons: un tarif général était adopté qui resta en vigueur malgré quelques grèves importantes, pendant dix-huit ans. En r 89 r, les ouvriers demandèrent que la convention fùt modifiée : ils voulaient qu'on leur accordât la journée de neuf heures; les patrons, se sentant assez forts pour lutter,
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