L'É\"OLL'TION DE L'ACCORD POL"R I.A VIE 343 de l'accord pour vivre et ::ibien L'te institucc dans cc but. Quel devrait être ce fameux ctat de nature durant lequel l'homme, d'aprcs Rousseau, aurait été libre et bon? La socictl'.:, a\'ons-nous dit, ne nous parait pas ::ivoirété l'œu\TC d'un i\!achiaYel ou d'un Lycurgue quelconqlll.: dont :a perfidie ou la s::igesscaurait fait le premier pasteur du peuple. Elle n'a pas eu non plus pour fondement la famille matriarcale ou patriarcale. Comment donc doit-on se representcr l'humanite à ses débuts ? Prêtres, poetes, savants m0me ont en cette matière donnè l'essor à leur imagination et pris trop SOU\"\.'nlte rê\'C pour la rcalité. Il n'est même pas exact de concevoir les Primitifs sous les traits des peuplades les plus arriérées qui nous soient ::ictul'llcrncnt connues, car les plus miserables d'entre elles, comme on l'a fait sou\'cnt remarquer, disposent du feu, se sen-ent d'outils diYers, ont des fétiches, un langage articulé, plus OLl moins pau\Te, parfois une constitution familiale et politique, plus ou moins rudimentaire et permanente, mais réelle. Or, cet avoir n'est pas le fruit d'une fortune subitement acquise, d'une organisation improYisce soud.1in; il ne p::iraît p::isnon plus un don d'une diYinité quelconque. C'est donc un legs de générations nombreuses et il a son histoire, dit L. :'\ktchnikoff (op. cil., p. 3), mais nous l'ignorons. Tout au plus peut-on essayer d'en retracer les grandes lignes durant la longue durée des .iges préhistoriques. Si les inductions qu'on pnll faire sur les Primitifs restent plus ou moins conjecturales, il ser.1it encore moins scientifique de donner crédit à une hypothcsc qui, sur la foi de mythes d de 11'.:gcndedsont l'interprétation a été encore plus sujette ;\ critique, conçoit ks s::iuYagescomme des Primitifs dégéncrés. Lc.:straditions religieuses, contenues dans les anciens livres sacrés de presque tous les peuples et embellies par les poètes, ne sont p,1sseules d'ailleurs à im::iginer un antique :\ge d'or, durant lcqul'l l'humanité ;\ son origine aurait vécu belle et pure dans un fakn terrestre. Des philosophes ont aussi accepté cette doctrine de la cirnte . .i\Llis il est difl1cilcde ne pas reconnaitre la force des .1rguments qui di!isipcnt ce n:Ye d'une Arcadie primitive. (\'. Bagchot, Lois s,·ieutijiques c/11 dh11'!oppe111ml des natio11s, p. 16-1:;1 et 12.~-130. - P. :,lougeollc, Problèmes de !'Histoire, p. 4-i.-58, etc.) Si nous ne sa,·ons pas d'une manière positiYe de quelle façon s'organisèrent les premiers groupes humains, puisqu';\ toutes les époques de son existence l'humanité nous apparait di\'isée en societés 1 plus ou moins nombreuses définies par des appellations diYines, les faits et le raisonnement ne nous permettent pas de concevoir l'homme dans un etat d'isolement absolu. Dés l'origine il a été un animal sociable ou social et il a eté obligé de l'ètre, d'abord parce qu'il ctait
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