La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

L'É\'OLUTIO:--' DE L'ACCORD POUR LA VIE çléfaites et ses c'.:clipses, acquiert une force et prend une expansion croissante, si bien que la socic'.:téde l'a,·enir semble devoir être une société soustraite à l'empire de la tutelle et de la contrainte (r). La liberté individuelle du contrat, substituce à l'autorité o·ouvernernen- ::, talc, y serait la base des fédér:itions sociales entre les indiYidus, les groupes corporatifs, ·et, l'expérience des unions ré:ilisées dans le passé nous permet de l'espérer, entre les peuples et les races. En d':iutres termes, il ne semble pas temér:iire d'affirmer que la patrie, contenue d'abord dans la tribu, puis dans la cité, b proYince et_la nation, dt:Yiendra continentale et intercontinentale, et que la coopération de tous à l'œuvre commune, encore réalisée sur bien des points et en de nombreuses circonstances par l'action d'une force extérieure pesant sur l'individu, ser:i un concours d'activités distinctes ordonné par la libre initiative de volontés qui, par le droit perpétuellement reconnu de sécession ou de critique, garderont leur autonomie en devenant consentantes. De ces hauteur:; d'oü nous aYons cherche à entrevoir la cité future, dejà rêvée par les stoïciens, qui ne comptera que des hommes libres et solidaires, comprenant que b vie pour soi, c'cst-à-Jire le développement de la liberté, n'est socialement possible et légitime que dans le respect de la Yie d'autrui, c'est-à-dire dans la pratique de la solidarité et de la justice, de ces hauteurs d'oü nous a\'ons jeté les yeux sur la cite future, qui ne nous a pas été promtsc, mais qui peut être notre conquête, qui le serait déjà si l'égoïsme des uns et le fameux bon sens des autres n'étaient pas si exigeants et si tc.n:iccs, tournons les regards derricre nous pour Yoir si l'b·olution sociale de l'humanité justifie les considérations synthétiques p:ir lesquelles nous venons d'en marquer le progn'.:s. Au terme de notre enquête, il nous sera plus facile de dégager les conclusions politiques, morales, pédagogiques, etc., qui, prises comme régies de la conduite, paraîtront les plus prop1;es à h:lter la réalis:ition d'un régime pleinement cftectif de l'accord pour vivre. Est-il bien vrai que le i·égimc de l'accord imposé à l'origine par nne autorité quelconque tend a deYenir un régime oü l'accord soit l'œuvre d'individus qu'aucun pou,·oir extérieur n'oblige à l'union, mais qui, conscients de b solidarité universelle, coordonnent leurs efforts par la Yolonté de leur libre initiative et par conseguent ne (r) Nous ne tenons pas compte éYitlemment des individus incapables (enfants, vieillards, impotents, malades) et des individus attardés dans l'animalité (malades d'une autre e::pèce appelés criminels, qui d'ailleurs diminueront considérablement en nombre pour des causes diverses, s'il ne disparaissent pas tout à fait). Pour e_ux, l,1 tutelle ou la contrainte, dans l'intérêt de tous, celui d'autrui comme le leur, sera toujours nécessaire.

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