La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

3H LA REVUE SOCIAI.ISTE L'Évolution del' Accord pour laVie LES ORIGINES ET LA PRÉHISTOIRE En cherchant à déterminer les conditions de l'accord pour la Yic dans les socibés animales ( 1), nous nous sommes éleYés <lessociétés de nutrition, qui sont les plus simples, aux sociétés de relation, qui sont les plus complexes, et nous ayons constaté que l'accord pour la Yie, imposé;\ l'origine, c'est-,i-dire aux degrés inférieurs de l'échelle zoologique, par un lien mécanique ou physiologique, deYient <leplus rn plus consenti, a mesure que se déYeloppe la diYision du traYail, impliquant différenciation, mais aussi coordination des fonctions(2). Dans quelques-unes de ces sociétes même, nous ayons trouYé une sorte d'organisation politique, où la délégation de l'autorite et la répartition des charges, imposée parfois, est comme acceptée Yolontairernent en d'autres circonstances. 1 ous avons rencontre aussi des réunions d'indi,·idus appartenant à des espèces <liYerscs et consti- (1) V. Rrz,11esocialiste, decernbrc 1898 et janvier 1899. (2) On eùt pu le prouver aussi de l'indi\"idu (considéré con1me une société) qui. ,\ans son développement, atteint cc degré de l'existence où la pensée peut dans une certaine mesure régir l'organisme. La coopération des membres de la colonie est d'abord soumise à des lois fatales. ?-lais à mesure que la conscience s'éclaire et prend connaissance des lois de la vie, la coopération devient ou peut devenir progressivement l'œuvre du cerveau, ou plutôt de l'intelligence qui la réalise ou peut la réaliser en sachant qu'elle pourrait y mettre obstacle. Sans doute l'homme ne peut pas entii:rement vaincre ou modifier, actuellement du moins, les influences internes ou externes qui pèsent sur lui, et il serait trop long de le démontrer; mais il est capable de briser une partie des liens qui à l'origine font de lui un prisonnier, un esclave, un automate même, et il le peut par le fait qu'il peut plus ou moins modifier les conditions de son existence, réagir contre ses représentations ou s'en donner de nouvelles qui par leur force propre déterminero:lt une conduite nouvelle. Dès lors le fonctionnement harmonieux de cette société de zoonites est dti partiellement ou pourrait l'être à l'initi,tti,·c de la pensée. Nous disons qu'elle pourrait l'être et nous reconnaissons sans peine qu"elle ne l'est que fort peu parce que, s'il es! vrai que l'individu ne connaît qu'imparfaitement les conditions auxquelles est réalisable la vie harmonieuse et normale, il est encore plus nai que, les connaitrait-il, mille obstacles s'opposeraient souvent ,1 ce qu'il les réalisât. En d'autres termes, dans ce cas comme dans bien d'autres, il peut désirer ou vouloir beaucoup plus sou,·ent que réaliser son désir ou sa volonté. ..

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