33° I.A IU:\TE ~l)CJAI.ISTE Pierre se rappela, en effet. JI interrogea ses amis du regard. - Merci, dit Lag;1line. Les traductions que j'ai lues i11csuffisent. - Les costumes et les décors sont de toutes beauté, insista le garçon, et de la plus grande exactitude. - >lous sommes bien ici, prononça Frizet. Restons-y. L'indiflércncc des trois amis parut choquer le garçon. Il dit: - \'ous auriez du mal a vous caser dans la salle, d'ailleurs. Tous les membres du cercle ont amené des invites. Le comité a même dt1 céder sa loae et se réfuaicr dans les coulisses. Ah! c'est un spectacle 0 0 qu'on ne \·oit pas souYcnt. - Ouais! fit Lagalinc. Vos Siamois sont annoncés au progan~mc de tous les cercles et de tous les thbtres. C'est une tournée parisienne qu'ils commencent aujourd'hui. On aura bien le temps de les voir. - Oui, répliqua le garçon. Mais c'est cc soir la premiére. Et il s'éloigna Yers d'autres consommateurs qui l'appelaient, tandis que Frizct se répandait en considérations infinies sur l'attrait qu'ont de tout temps exercé aux yeux des Parisiens les premiércs représentations. - \'ous pourriez en dire autant du tbc;ltrc lui-même, dit Pierre. Nous sommes demeurés le peuple thef1trophile par excellence, et tout Français a dans le cœur un comédien qui sommeille. Aussi, dés qu'on apprit que les acteurs siamois s'apprêtaient i faire une tournée en Europe, les comités des cercles et la municipalité se réunirent pour les attirer et les retenir le plus longtemps possible à Paris. Ils sont engagés pour une soirée dans chaque cercle et la municipalité les a retenus pour ses dix thU1tres, ù la grand(; fureur des syndicats et des sociétés dramatiques, qu'un tel engouement Ya faire délaisser pendant un mois au moins. - ::-Joussommes en été, observa Lagalinc. - Oui, mais le théàtre ne chome plus l'été, ;i présent qu'on a diminué le nombre des salles de spectacles et que les troupes n'y sont plus ;i demeure fixe comme autrefois. - r\ propos, dit Frizet, que devient la pétition des artistes et des auteurs dramatiques à la municipalité? - Celle où ils demandent que leurs compagnies et leurs troupes soient considérées comme faisant partie des sen·ices publics? interrogea Pierre. - Oui. Gdce à cc système, le spectacle serait gratuit comme dans les quatre thU1tres nationaux. - Eh bienJ fit Pierre, on dit la municipalité fort hésitante, aussi divisée sur cc sujet que les au!curs et les comédiens eux-mêmes. Déja, en échange des salles qu'elle met ù leur disposition, la municipalité retient la moitie des places, qui sont mises ainsi par elle gratuitement
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