318 LA REVUE SOCIALISTE LE RÊVE DE PIERRE DAVANTC 1 ) (Suite) LE MORT SAISIT LE \ïF Comme Pierre et ses amis sortaient de l'école, le spectacle d'une rixe attira leurs regards. Louise poussa un cri de douleur et de détresse. Le jeune homme se jeta sur les combattants et, d'une poigne Yigoureuse, les sépara. Ils allaient se ruer de nouveau et faire sans doute pleuvoir les coups sur l'intervenant, mais Lagaline et Frizet s'étaient emparés de l'un d'eux et s'efforçaient de le maintenir, tandis que Louise, enlaçant étroitement l'autre, tentait de le calmer avec de douces paroles entrecoupées de sanglots. - Uchez-moi, dit l'homme que tenaient Lagaline et Frizet. Je ne lui ferai rien. C'est une affaire finie. Il m'a donné un soufflet, je lui ai allongé un coup de poing. Apres tout, nous sommes quittes. Mais son adversaire, tout en essayant de se débattre contre l'étreinte de Louise, ne l'entendait pas ainsi. Il oubliait la gifle donnée et ne pensait qu'au coup de poing reçu. - Laisse-moi, petite sœur ! hurlait-il, je veux lui manger le nez. L'autre, alors, se campa dans une posture de défi, ce qui redoubla la fureur de son antagoniste. Pierre dut se joindre a Louise pour contenir celui-ci, tandis que Frizet et Lagaline, parlant ensemble, arraisonnaient l'autre, lui affirmaient qu'on ne lui mangerait pas le nez, ce dont il convint tans peine, attendu, disait-il, avec des jurons furieux, qu'il saurait bien empêcher ce blanc-bec d'y toucher seulement du bout du doigt. Cette scene menaçait de durer : Pierre et Louise avaient déja (1) Voir les numéros de juillet et août.
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