La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE représentent 1,85 marcks (2 fr. 31) par tête. On voit par là qu'il est pour les petites fédérations infiniment plus difficile de payer de hauts traitements. >> Mais tout le monde reconnaissait que, quelles que fussent les difficultes, une amélioration s'imposait. « Il faut, dit un délegué, que les organisations assistent leurs employés devenus vieux et faibles. Nous ne nous plaçons pas au même point de yue qu'un anarchiste individualiste qui me disait un jour que lorsqu'un homme est devenu vieux et ne peut plus rendre aucun service à la société, il doit prendre une corde et se pendre. >> Une seule note discordante se fit entendre. « Il est possible, dit un délégué, si l'ordre du jour est adopté, que les rédacteurs continuent à écrire, puisqu'ils seront payés pour cela; mais ils n'écriront plus par conYiction. >> Cette parole fut accueillie par un long murmure de réprobation. Et les orateurs qui suivirent firent entendre de viYes protestations. « Quelle erreur, s'écria Legien, de s'imaginer qu'une mauvaise paie contribue au renforcement de la conscience de classe. Une mauvaise paie ne produit chez tout ounicr que mauvaise humeur et dégoùt, et bien plus encore chez l'employé d'un syndicat, c'est-ù-dire d'une organisation qui a pour objet l'amélioration des conditions du traYail. >> cc Déclarer que les fonctionnaires de syndicats, s'ils étaient bien payés, ne travailleraient que pour l'argent, Yoilà, dit un autre délégué, une parole naiment monstrueuse dans un parlement ouvrier. >> cc Vne pareille conception, dit :'t son tour le rapporteur de la Commission, est digne de la presse bourgeoise qui dit et répète: Allons, traYailleurs, ne soyez pas assez bêtes pour jeter Yotre argent dans la gueule des agitateurs professionnels. >> Rien n'est assurément plus loin de la mentalité du prolétariat militant d'Allemagne, que la pensée de la révolution par la misère. Pendant la délibération qui suivit l'exposé du rapporteur, quelques paroles furent prononcées, qui firent pressentir les améliorations prochaines. Un délégué de l'organisation des métallurgistes exposa comment le Conseil de la Fédération aYait reçu mission de soumettre i la prochaine Assemblée Générale un projet visant l'assurance des fonctionnaires de l'organisation contre les accidents, et leur mise à la retraite en cas d'incapacité persistante d'occuper leur poste. - Un autre délégué des métallurgistes montra le prix qu'aurait une Caisse de retraites, que pourrait alimenter une petite contribution personnelle• payée par tous; il fit Yoir l'intérêt qu'avait cette question pour les Caisses de Secours en cas de maladie. Il annonça qu'il aborderait cette question ù la prochaine réunion des Conseils <l'Administration des Caisses de Secours en cas de maladie, qui devait se tenir à

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