La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

.. LA REVUE SOCIALISTE collègues devenus, au sc.:rvice dell'organisation, impropres au travail, et de pourvoir désormais ù l'entretien physique de ces existences épuisées. » « Par dizaines, par centaines de fois, obsen·a l'orateur de la Commission, nous avons dit ou entendu dire dans nos réunions : que deYient l'ouvrier lorsqu'il est Yieux et faible? Le patron, aprés l'avoir pressé comme une éponge, le jette sur le pavé! Avons-nous le droit d'agir de même? Non, nous ne Youlons pas renvoyer nos fonctionnaires devenus vieux, les hommes à qui nous aYons confié les destins de nos organisations, comme on rejette un meuble inutile, avec le coup de pied d'usage comme remerciement. )> Les « ouniers des syndicats )>, les travailleurs qui leur ont donné toutes leurs forces, toute leur Yie, ont dr()if à la retraite que les syndicats réclament pour tous les travailleurs. L'établissement de ce droit ne serait-il pas d'ailleurs avantageux aux syndicats eux-mêmes? ~e les affr:rnchirait-il pas de la nécessité morale de consernr leurs fonctionnaires plus longtemps que ne le comporterait l'intérêt de la collecti\'ité? Ne doublerait-il pas l'activité de ces derniers en leur donnant la quiétude? « En des temps si difficiles, était-il:dit dans le Mémoire, il ne s'agit pas seulement de tendre à l'extrême la force de travail des indiYidus, il faut aussi conserYer et maintenir leur go,ît pour le tmvail. Malheureusement aYec le sentiment de dépression qui résulte d'une rétribution insuffisante et de la perspective d'un aYenir précaire ou misérable après des années d'un travail fié\Teux et exténuant, les natures par clics-mêmes les plus vigoureuses ne tardent pas ù s'épuiser, à su pp oser que les circonstances que nous ayons fait connaitre n'aient pas entraYé dès le début leur déYeloppement. >) « Si nous voulons consolider et compléter l'organisation de nos syndicats, dit le rapporteur Rexhœuser, nous devons commencer par mettre les artisans de cette œune en mesure de l'accomplir ... Car nous sommes tous <l'accord sur ce point que, si démocratique que soit l'organisation de nos syndicats, ce sont les fonctionnaires qui portent le poids de toutes les responsabilités; les Webb, dans leur histoire des Trades-U11ions anglaises, s'expriment avec une parfaite netteté sur ce point, et chez nous nous faisons également cette experience que la direction des syndicats, la détermination de leur ligne de conduite, tout ce qui est nécessaire à leur développement ne relève pas de la collectivité des syndiqués, mais qu'il faut qu'il existe un état de fonctionnaires perpétuellement occupes à suivre la marche des phénomcnes l'.-conomiques. >> Pour établir la nécessité de modifier la situation des fonctionnaires des syndicats, d'élcYer leurs traitements, de leur accorder des

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