LE TROISIÈ~1E CONGRÈS DES SYXDICATS ALLEMAXDS 3 I 1 Les syndicats, qui demandent constamment aux patrons d'assurer à leurs ouvriers une existence digne de l'homme, agissent-ils dignement en payant si misérablement eux-mêmes, comme patrons, leurs salariés? « P@urquoi cc désaccord entre la théorie et la pratique? )> Pensent-ils serYir ainsi leurs propres intérèts, de\·cnir ainsi grands et prospères? « Que l'on prenne pour exemple l'Angleterre, où les fonctionnaires des divers syndicats sont payés jusqu'à 5,000 et 6,000 marcks. Assurément on exige beaucoup de ces fonctionnairesmais pourquoi ne deYrait-on pas, en Allemagne, pour k bien des syndicats, pouvoir poursui ne et atteindre l'un et l'autre?)) D'autre part, que l'on ne croie p,1squ'un syndicat puisse aYoir un intérêt véritable à profiter du trav:lil de fonctionnaires qui gagnent leur Yie ailleurs. « Les syndicats qui s'imaginent qu'ils réussiraient peut-être, en exploitant la situation 111atéricllc par basard prospère de ·leurs fonctionnaires, à organiser d'11111c11a11ièdrucrable le trav,lil et la gestion des affaires sur la base du sacrifice personnel, 11e111a11quero11t pas d'apprendre par ailleurs le tort immense qu'ils se font a\'cc de pareilles habitudes. Toute organis:1tion doit aYoir au moins 111fo111cfi011naire per111a11wt, parce que sans cela il est totalcrnent impossible de penser a un ·saï,, progres de l'organisation. Et d'une manière générale il faut maintenir énergiquement - et cela 11011 pas seulement pour les petites et les plus petites organisations - qu'une retrib11tio1i11s11ffisa11te, sans rapport aYec k tra\·ail effectué, est la plus gra11deprodigalité, prodigalité qui apparait dans la faiblesse des syndicats ét dans le défaut d'initiative. )) Le fonctionnement des org:111isationsne doit pas reposer sur l'abnégation de leurs fonctionnaires, le fonctionnaire doit vivre de sa fonction et YiHe avec ais:111ccE. st-cc tout? « \'oici un autre point : nous demandons comme ouvriers à l'État de payer une rente convenabk aux citoyens devenus pour le reste de leur vie, du fait de lwr trnvail, impropres au traYail, à ce tra- 'l){IÎl, et nous demandons cela parce que nous pensons que le travail du moindre des ouHiers était nécessaire pour le progrès général, pour la prospérité de l'État, pour le maintien de la ci;\'ilisation. Nous condamnons justement aYec la plus grande sévérité une communautc qui fait dépendre cc deYoir de conditions purement irréalisables, qui le remplit d'une manière tout a fait insuffisante ou cherche même a se dero- ,ber à ce deYoir élémcn tairc. « Eh bien, celaest vrai aussi des sy11dicats, les futurs supports d'un ordre économique raisonnable. Eux aussi ont le devoir, certains de leurs membre·s ayant consumé leurs forces, dans l'intérêt de la collectivité des collégues, tout à f(l,it prémat11ré111e11t, de prendre soin de ces
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