La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LE TROTSihlE COXGRÈS DES SYXOICATS ALLEMA:SDS 309 rédacteurs écrit-il qu'une existence digne de l'homme n'est pas possible à moins de 3,000 marcks, alors qu'il ne reçoit lui-même que 1,200 marcks ! » Combien misérable n'est pas en particulier la situation des fonctionnaires des pctifes organisations, qui doivent, en même temps qu'ils s'occupent du syndicat, travailler pour gagner leur Yie ! « Cc sont quelques cents francs que ces organisations allouent à leurs fonctionnaires, somme dont on ne sait pas bien si elle répond à leurs frais de tramway, à l'usure de leurs Yèternents, ou au préjudice qui leur est porté dans leurs affaires, mais qui ne répond pas à coup sùr au trava-il qu'ils font. » Tel, parmi ces fonctionnaires, reçoit 360 marcks, sur lesquels il doit payer le loyer, tel autre reçoit 180 marcks, qui répondent à l'administration et ù la rédaction; tel autre reçoit 100 marcks, 100 marcks par an. De pareils traitements, payés ù des hommes qui travaillent tant, sont-ils dignes des syndicats? Est-il ·patron qui exige tant de ses ouvriers pour un pareil sala1re? Tel est le présent. Quel est l'avenir de tous ces fonctionnaires, de tous ces hommes qui dépensent le meilleur de leur activité, de leur intelligence, au service de leur syndicat? « Tout naturellement, en notre temps de nervosité, avec ses phénoméncs précipités et complexes dans tous les domaines de la vie publique, le travailleur intellectuel, _celui surtout d'une organisation OU\Tiére, est, avant tout autre homme, prématurément épuisé. Et comme naturellement les ouvriers moins que personne peuvent employer pour la défense de leurs intérêts des hommes affaiblis, comme ils ont besoin d'hommes disposant de toutes leurs ressources, il arrive vite que celui-ci ou celui-là, comme deYenu « étranger à son époque », doive céder la place à de jeunes forces, aprés quoi, un certain nombre d'années plus tard, le même spectacle se reproduit. Ce surmenage,que les organisations ouniéres,co11frai11/es par les circonstances, imposent à leurs travailleurs intellectuels, est chcrement expié par ceux-ci,sans que leurs collcgucs s'en doutent, ou peut-être même sans qu'ils s'en soucient. DeYenus au cours des ans étrangers aux progrès techniques de leur profession premiére, ayant perdu le tour de main, ayant perdu aussi, par l'exercice exclusif de leur esprit, leur force corporelle, ils sont devenus dans presque tous les cas incapables de retrouver dans leur profession une occupation rémunérative. Dans la regle il s'agit aussi d'ouvriers âgés, qui ne sont employés par les patrons qu'en cas de besoin pressant,et qui d'ailleurs, par suite de leur actiYité syndicale d'autrefois, sont désagréables aux patrons, ou sont même haïs d'eux. Un tel ouvrier en pareil cas tombe, au point de vue éco11onziq11e et social, bien plus bas qu'il n'a peut-être jamais cté. Il ne ·renonce pas seulement à son pain si bien mérité, mais

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