La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA RE\TE SOCIALISTE rapidement suivi de toutes parts. Mais, dans un certain nombre de ,·illes les inspecteurs refuscrent d'entrer en rapport avec les Commissions, par exemple à Dresde, Pirna, Remscheid, Leipzig, Breslau. A Francfort, un inspecteur rompit un jour toute relation aYec la Commission, parce qu'elle se composait de socialistes « et avait même un ao-itateur socialiste dans son sein ». - Dans les villes où sont 0 fondés des Secrétariats Ouvriers, les Commissions de Plaintes leur livrent leur mandat. C'est la dernière phase de l'évolution de cette institution. C'est dans le \\'urtemberg que les relations entre les inspecteurs et les representants des traYailleurs sont organisées de ia manière la plus parfaite. A Stuttgart a lieu tous les ans une conférence de tous les syndicats du \Vurtemberg: et les trois inspecteurs du travail, accompagnés d'une partie de leurs auxiliaires, assistent à la conférence et s'entretiennent pendant <les heures aYec les délégués de tous les objets pom·ant intéresser l'inspection du traYail. Quelle distance entre le ·wurtemberg et la Prnsse, où les inspecteurs, qui fréquentent assidûment les syndicats de patrons, se tiennent enticrement :'t l'écart ~les syndicats ouvriers! - Mais, quelle que soit l'attitude des inspecteurs, les travailleurs doivent tout faire pour les instruire. Si les reprétants des organisations OU\'ricres ne peuYent s'entretenir directement avec eux, elles doivent leur enYoyer tous les documents qu'elles possèdent sur la condition des travailleurs, toutes leurs publications; peut-être ne verra-t-on plus alors tel inspecteur du travail écrire dans un rapport : « La condition de la cl.isse ouvriére s'est beaucoup élevée car le prix de la pomme de terre a baissé ! » Comme s1nction à son rapport, le docteur Quarck soumit à l'assemblée la résolution suivante : « Le troisiéme Congres des Syndicats allemands déclare : « Toute inspection du travail qui veut 0tre efficace doit nécessairement s'appuyer sur la classe ouvrière, aussi bien dans le contrôle du fonctionnement des lois protectrices du travail que dans la conlection des rapports sur la situation économique de la population ouvrière. Sans cet appui, que l'on réalise le mieux par l'intern1ediaire des organisations ouvricres, l'inspection du travail sera toujours incomplcte même dans les conditions les plus favorables. . « Or, les relations aYec l'inspecteur, si utiles pour les deux parties, sont rendues extrêmement difficiles aux ouvriers et aux ou\'riéres en Allemagne. Abstraction faite de la dépendance matérielle et morale dans laquelle se trouve l'ounier isolé \'Îs-à-vis du capitaliste, les obstacles qui s'opposent a ces relations consistent dans la politique intérieure du gou\'ernement, hostile aux organisations ouvricres, Jans la réglementation hétérogene de l'inspection du traYail dans les

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