LE TROISIÈME CONGRÈS DES SYJ\DICATS ALLEMANDS 303 - l'absence de toute inspection dans :certaines industries; il fit Yoir comment « on nomme inspecteurs du traYail des hommes qui ne savent rien des choses du travail et qui ignorent le rôle Jes organisations ouvrières ». Puis, il aborda l'objet propre de son rapport, la question des relatio~1s des inf pccteurs et des ouvriers. Sur ce point, dit-il, les règlements des Yingt-six États fédérés ·sont muets. Seul, le gouvernement de BaYiére a tout récemment invité les inspecteurs à se mettre en rapport aYec les traYailleurs. Comment les travailleurs pourront-ils faire connaitre leurs plaintes aux inspecteurs? Il existe quatre procédès: l'ounier s'adressera directement à l'inspecteur à l'usine même, il lui ecrira, il ira le YOir à ses heures d'audience, il emploiera l'intermédiaire d'un groupement ouvrier, syndicat ou Commission de Plai11tes, ou d'un ho11111d1e confiance. Quelle est la valeur de ces diYers procèdés? Le premier ne c·ompte pas, tant il est dangereux : si le patron apprend qu'un ouvrier s'est plaint auprès de l'inspecteur, il le congedie. Le patron n'est-il pas « le maître chez lui »? Et n'a-t-il pas ses espions qui le renseignent? - Le second procédé, qui consiste à écrire, n'est gucrc plus usité. Sait-on toujours l'adresse de l'inspecteur? Mais il faudrait qu'elle fùt affichée dans l'usine. Et d'ailleurs, a-t-on confiance en lui ? Dans le Grand-Duché de Bade l'inspecteur est aimé des ouvriers : ils lui écrivent. Mais c'est l'exception. - Quant au troisième moyen, celui des heures d'audience, depuis Yingt ans que l'inspection existe, les ouvriers n'y ont pour ainsi dire jamais eu recours. Est-cc parce que les heures sont mal placees? Est-cc parce qu'il parait dangereux aux ouYriers de se rendre <ehezl'inspecteur? Quoi qu'il en soit, ce qui est certain c'est qu'entre les ouniers et les inspecteurs les relations direct~s, très difficiles, n'existent pour -ainsi dire pas. Comment les travailleurs ont-ils organisé les relations indirectes? Dans certains cas un bo11111d1eeco11fia11ce est délègue auprès de l'inspecteur. C'est ce qui a lieu dans le Grand-Duché de \Veimar, où le gouvernement a accepte le camarade Baudert comme conseiller de l'inspecteur. Ailleurs .on a institué des Commissions de Plaiutes, qui sont elues dans des réunions publiques ou désignées par les cartels de syndicats, et ont pour unique objet de recevoir les plaintes des travailleurs et de les transmettre aux inspecteurs. Il importe de noter qu'un certain nombre de femmes font toujours partie des commissions. Cette institution est de date récente: c'est en 1892 que les premicres Commissions de Plaintes ètaient formées à Mannheim et à Mayence. Une troisième était cÔnstituée à 1 uremberg en 1893, et l'exemple était
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