La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LE TROISIÈ1IE CONGRÈS DES SYNDICATS ALLEMANDS 301 ments qu'aux. ouvriers syndiqués. Sa tendance était celle d'un rapprochement plus intime des Secrétariats et des syndicats, les Secrétariats devenant comme une annexe des syndicats. Tout d'abord, dit-il, il faudra que tous les syndiqués paient une cotisation obligatofre pour les Secrétariats, comme ils en paient une pour les cartels de syndicats. Ensuite il faudra que les syndiqués seuls aient acces au Secrétariat. Il ne conYient pas que « les ouniers non organisés, qui ne tiennent pas pour nécessaire d'entrer dans les Syndicats, qui, même bien souvent, en cas de grèw, les prennent à dos, soient aidés et assistés aux: frais des ouvriers organisés ». « Je ne dépose pas de proposition, poursuiYit Legien. Les Secretariats Ouvriers sont de date trop récente, la question n'est pas en etat d'être jugée. Dans un prochain congres nous en viendrons à une décision : j'ai voulu seulement poser le probléme. « Dans la région industrielle de la Silésie Superieure, où la Commiss:on •Générale a fondé un Secrétariat, nous continuerons pendant un certain temps à donner des renseignements aussi ~ux ouvriers non organisés; mais il est decide dés aujourd'hui, et il a été convenu lors de la fondation du Secrétariat, avec le Secrétaire, que lorsque le nombre des consultations deviendrait trop élevé pour qu'il puisse à lui seul suffire à toute la besogne, au lieu de lui donner un auxiliaire on adopterait le principe de ne donner de renseignements qu'à des syndiqués. » A Legien, Segitz répondit : « Pour des raisons pratiques, je combattrai la proposition de ne pas donner de renseignements aux ouvriers non syndiqués. Il est nai qu'ils ne contribuent pas aux dépenses; mais le service qui leur est rendu exerce sur eux. une puissante pression morale, les pousse à adhérer au syndicat. » « D'ailleurs, ajouta-t-il, comme on l'a dit, la question n'est pas en état d'être jugée. Attendons, et nous Yerrons les expériences que feront les Secrétariats existants. » Ainsi, de part et d'autre, la question etait laissée ouverte. L'heure n'était pas venue de la discussion approfondie et de la solution : l'ex- • périence faisait défaut. Mais déjà il était possible d'apercevoir la présence de deux tendances : l'effort de l'institution nouvelle, heureuse de ses débuts et de ses rapides progrés, pour maintenir les conditions d'une expansion facile; et l'effort de l'institution ancienne pour faire s.ervir à ses propres fins l'institution nouvelle, pour l'intégrer à sa substance. N'est-il pas significatif de voir Segitz, secrétaire de Nuremberg, l'un des fondateurs du premier Secrétariat Ouvrier d'Allemagne, demander que les Secrétariats Ouvriers soient ouverts ù tous, - tandis que Legien, président, depuis sa fondation, de la Commission

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