300 LA REVUE SOCIALISTE où l'organisation syndicale n'était pas suffisamment forte, la fondation de Secretariats Ouvriers et soutenir financicrement ces institutions. » Ce fut cette ·proposition qui fut le centre de la discussion. A la résolution Segitz personne n'avait rien à objecter; la grande utilité des Secrétariats n'était contestée par personne. Mais fallait-il créer artificiellement des Secrétariats, en faisant intervenir la Commission Genéraie? Ou bien, sans impulsion extérieure, sans appui extérieur, les Secrétariats Ouniers devaient-ils être l'œuvre, œuvre spontanée, de la population intéressée? La ét,1it la question, la seulement. Dans les rcgions où l'organisation est faible encore, disaient les uns, il faut conquérir la confiance des travailleurs, les attirer en prenant la défense de leurs intérêts les plus immédiats, former des foyers de groupement. « Il s'agit de créer des points d'appui pour la propagande. )) Et les autres répondaient : li faut beaucoup d'argent pour faire Yivre un Secrétariat, il faut une population organisée, disposée a payer des cotisations. Appelée à l'existence, d'une manière factice, par une puissance extérieure, l'institution ne pourrait se maintenir. << La condition du succcs d'un Secrétariat Ouvrier est la prcsence d'une bonne organisation. » Enfin une tendance conciliatrice se fit jour. Ne pourrait-on pas maintenir ce principe, que la fondation d'un Secrctariat d?it être l'œuvre de la population intéressce, et en même temps seconder les efforts de cette population par des subsides accordés à l'institution une fois fondée? Le président de la Commission Générale fit en ce sens un amendement à la proposition de la Fédération des Mines et des Forges, conçue maintenant en ces termes: << Si, dans des régions de grande industrie où l'organisation syndicale n'est pas encore assez forte, des Secrbariats Ouvriers ont étc fondés, dont les frais ne pem·ent être complètement couverts par la pÔpulation intéressée, la Commission Générale devra soutenir financicrement ces institutions. >) Comme la résolution Segitz, cet,e proposition fut votée à une forte majorité. Une autre question fut soulevée, qui ne fit point l'àbjet d'une propos1t1on ou d'un ordre du jour, mais qui n'en est pas moms de grande importance. Les Secrétariats Ouvriers devaient-ils être ouverts à tous, ou ne devaient-ils être ouverts qu'aux ouvriers syndiqués? Le président de la Commission Générale, Legien, posa cette question, et déclara qu'a son avis les Secrétariats Ouvriers ne devaient donner de renseigne-
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