LE TROISIÈME CONGRÈS DES SYNDICATS ALLEMA~DS 295 « Nulle institution, dit-il en commençant, n'a pris droit de cité parmi les travailleurs aussi vite que celle des Secrétariats Ouvriers. » Et il s'efforça d'expliquer le succès de l'institution en mettant en lumière les besoins auxquels elle répondait. « Plus nos lois deviennent embrouillées et difficiles a saisir, dit-il, plus elles s'l'.:loigncnt de la conscience juridique du peuple, et plus celui-ci a besoin de conseillers sûrs. » L'ounier deHa-t-il s'adresser a des hommes d'affaires sérieux et compétents? Mais ses ressources ne le lui permettent pas. Ira-t-il trouver les avocats consultants, les avocats marrons? Mais à quels dangers ne s'expose-t-il pas? « Un mauvais conseil ne peut-il pas avoir pour conséquence la perte d'un procès, la ruine d'une famille? ... Et d'ailleurs que de fois ces avocats marrons réclament pour leur peine une rétribution qui est en raison inverse du prix de leurs services! >> Comment empêcher les pauvres gens de devenir la proie de ces agents douteux? Comment les mettre à même d'obtenir des conseils désintéressés, consciencieux? De cette préoccupation, de cc besoin naquirent les Bureaux du Peuple. Ces bureaux, très fréquentés, ne se bornent pas à fournir des renseignements et à donner des avis : ils se chargent de rédiger les actes nécessaires pour la 'Conduite d'une affaire. Mais leur cercle d'action est limité : tout d'abord, ils ne sont généralement ouverts qu'à certaines catl'.:gorics de personnes, aux membres de telle société, aux hommes de tel parti ou de telle confession, tels les bureaux du peuple des régions catholiques, auxquels les catholiques seuls ont accès; - d'autre part, ils ne renseignent que sur certains ordres de questions, et ne s'occupent guère des lois de protection et d'assurance ouvrières. A ces deux points de vue les bureaux du peuple étaient insuffisants : la nécessité se fit sentir d'une institution plus ouverte en même temps que plus essentiellement ouvrière; la nécessité se fit sentir d'une institution essentiellement consacrée à la défense des droits des ouvriers en tant qu'ouvriers. Aussi bien la législation sociale est-elle en Allemagne, plus que toute autre partie du Code, obscure, compliquée, et d'un fonctionnement pesant et difficile. « C'est contre le gré des patrons que furent établis l'inspection du travail, les conseils de prud'hommes, les différentes lois de protection ouvrière, l'assurance contre la maladie, contre les accidents, contre l'invalidité et la Yieillesse; et grande est l'influence des patrons sur l'exécution des lois. Insuffisantes en ellesmêmes, les lois restèrent dans l'application bien en deçà de ce qu'avaient espéré les travailleurs : l'inspection du travail fut et est restée très défectueuse; il y a un trop petit nombre de conseils de
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