La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE prud'hommes; les lois de protection ouvriére sont insuffisantes et n'existent pour la plupart que sur le papier, l'organisation de l'assurance contre la maladie ne suffit pas aux ouvriers, l'application des lois d'assurance contre les. accidents donne lieu à bien des plaintes légitimes, non moins que le fonctionnement de l'assurance contre l'i1walidité et la vieillesse. » Il y a plus. La plupart du temps les ouvriers ne comprennent pas les lois. Sont-ils lésés? Ils ne savent ce qu'ils ont à faire, ils ne savent s'ils ont droit à une indemnité, quand et à qui ils doivent la demander. A qui s'adresseront-ils pour avoir des renseignements? Aux autorités? Mais la loi ne leur est pas toujours familière. Toute une littérature de brochures fut écrite pour vulgariser la connaissance des lois ouvriéres; les journaux socialistes et les journaux corporatifs en donnèrent des exposés simples et clairs; mais cette littérature, ces journaux n'ont pas autant de lecteurs qu'il y a d'ouvriers; et d'ailleurs ces connaissances générales ont besoin, la plupart du temps, d'être complétées par des explications détaillées, orales ou écrites. Comment donner ainsi, à chacun, les explications particulières dont il avait besoin? La presse ouvrière assuma cette nouvelle tâche. Et deux institutions, la « Petite Correspo11da11ce » du journal, et les beuresd'audience de la Rédaction permirent et permettent encore de donner chaque jour à des centaines de personnes renseignements et avis. Mais Jans les grandes villes ce service de renseignements constitqe pour les rédacteurs un surcroît de traYail considérable; d'autre part les rédactions de journaux peuvent bien donner les renseignements, mais on ne peut exiger d'elles qu'elles confectionnent les pièces de procédure; enfin tons les journalistes ne possedent pas si parfaitement les moindres détails de cette législation ouvrière étendue et obscure, qu'ils puissent, sans perdre beaucoup de temps, donner à chacun les renseignements désiré,. Les cartels de sy11dicats intervinrent eux aussi et se chargèrent - ou plutôt chargèrent certaines commissions instituées par eux - de la rédaction des plaintes adressées aux inspecteurs du travail et de la rédaction d'actes de procédure. - « Mais la conduite systématique de procès dépasse la force de gens qui ne peuvent s'y consacrer par profession. La constatation de cc fait fit naître l'idée d'eno-ao-er des 0 0 camarades qui se consacreraient par profession à cette tâche. Un premier essai fut fait à Nuremberg. » Ainsi fut fonde le premier Secrétar·iat Ouvrier d'Allemagne. - Ainsi, pour accomplir une fonction que d'autres organes n'avaient accomplie jusqu'ici que d'une manière accessoire, anormale, insuffi-

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