La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA :-.:ATURALISATIO:-.: DES JCIFS ALGÉRIE:-.:S 293 « avec ma famille pour me rendre soit en Tunisie, soit dans toute autre « localité. >>Tousses parents parla'ent de même ... Il me répéta : « Je « ne servirai jamais le régime civil. .. >>Tous les membres de la famille opinêrent comme le bach-aga: « Nous savons bien, disaient-ils, que « le régime civil no_usemploierait, mais nous ne le servirons jamais. >) Sachons avouer nos erreurs : avec leur habituelle sûreté d'information, leur grande finesse d'esprit et aussi la perspicacité que donne l'imminence du danger, les chefs arabes avaient parfaitement deviné et prévu le sort qui les attendait. Tandis que les excellents et naïfs républicains de la génération de 48 se laissaient prendre aux belles promesses et aux sonores déclamations sous lesquelles la plupart des assimilateurs cachaient leurs projets de confiscation et leurs appétits rapaces, les musulmans, qui voyaient de prés la nichée <le Yautours, saYaient comment ceux-Li entendaient le régime civil. Une cruelle expérience leur a donné raison : l'annexion forcee des douars, la suppression des cadis, la confiscation des terres, le mécanisme écrasant des Yentes à réméré, la diffusion de l'usure sous toutes les formes par tous les moyens et par les hommes de toute race et de toute nationalité, et pour couronner l'œuvre, la création d'un paupérisme irrémédiable, unique dans l'histoire, voilà ce qu'a produit k régime civil que les républicains de 70 concevaient comme l'avènement de la justice et de la fraternité en Algerie. Les officiers ministériels antijuifs agissant pour le compte d'une bande éhontée et ayec la complicité d'une administration qu'ils terrorisent dans les assemblées ciélibérantes en ont fait le plus épouYantablc instrument d'expropriation et d'iniquité au point que l'histoire, qui ne peut pourtant faire la dégoùtee et ni compter les forfaits qu'elle doit enregistrer, n'aura jamais vu pourtant pareil crime collectif s'accomplir en un siècle qui se prétend ciYilisé. L'institution du régime civil avec les craintes trés justifiées que faisaient naitre certains assimilateurs est donc la cause unique de l'insurrection, cause favorisée par la coïncidence des trois faits que signale le général Augeraud, la guerre, le départ des troupes, les troubles : la •naturalisation des Juifs n'y est pour rien, - ce qui n'empêchera pas un Firmin Faure quelconque de reprendre encore avec un.aplomb imperturbable la du Bouzade. Comme les animaux de !'Ecriture, les antisémites algériens ne peuvent s'empêcher de retourner à leurs vomissements. Mais enfin, quand bien même - ce qui n'est pas du tout - il serait vrai que le décret de 1870 a éte, dans une mesure quelconque, une cause de mécontentement pour les Arabes, serait-il <le notre dignité de nous mettre à leur remorque? LOCIS DURIEU.

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