La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUESOCIALISTE des J nifs a été ,me des causes secondaires 'de la révolte de Mohhmni qui d'ailleurs aYait en qualité de conseiller général réclamé l'émancipation des Juifs! On est honteux d'avoir à suivre une pareille discussion qui ecœurait déjù Crémieux. Cette du Bouzade, remâchée mille fois par la presse algérienne et resservie à plusieurs reprises par la députation antisémite, a pris une telle consistance qu'il s'est trouvé un grand journal parisien - bien piteusement informé il est vrai en matiére algérienne -pour rééditer cette odieuse légende. Puisqu'on est réduit à cette lamentable besogne, répétons que la naturalisation des Juifs n'a été la cause, ni primaire, ni secondaire, ni même quaternaire, - de l'insurrection de la Kabylie. Celle-ci a été admirablement étudiée par un témoin oculaire et compétent, le général Augeraud, commandant la subdiYision de Sétif, qui a résumé en une synthése frappante et concluante toutes les causes de l'insurrection.Citons ce passage typique de sa déposition devant la commission d'enquête parlementaire : « Bien des personnes pensent que ce décret a été la cause déterminante de la rholte. Quant à moi, je ne l'ai jamais cru : cela n'a été qu'un prétexte. « M. LE PRESIDENT.- Vous croyez que cela n'a pas eu d'importance? cc M. LE GÈ:--:ÈRAALucERACD. - J'en suis intimement persuadé. La réYoltc tient à trois causes réunies; la guerre, le départ des troupes d'Algérie et les troubles qui ont été la conséquence de la fièvre révolutionnaire. » Telles sont en effet les causes prochaines de cette terrible révolte dont le capitaine Villot, l'homme qui connaissait sûrement le mieux les qLiestions musulmanes de r8ïo, a indiqué d'une touche puissante et vraie la cause profonde, - l'établissement du régime civil. cc Pour les Européens, la chute de l'Empire c'était le renversement d'un gouvernement qui s'était toujours opposé à la dépossession des indigènes ... Pour les inJigénes la chute de l'Empire était la perte d'un gouvernement qui s'était toujours montré le protecteur résolu de leurs intérêts matériels et moraux ... Les Européens voyaient, dans le régime civil, la subordination de l'indigénat, la libre dépossession des indigenes, la suppression des lois nationales de ce dernier et une sorte d'assimilation radicale ; les indigencs y Yoyaicnt leurs destinées confiées aux mains de leurs antagonistes, la perte de leurs propriétés avec celle de leurs lois religieuses et civiles. » Et, à l'appui de cette thése, on doit rappeler les conversations typiques rapportees par le général Augeraud. « Le bach-aga, dans cette conversation, me parla longuement de tout ce qui s'était passé à Alger et il me dit qu'il ne servirait jamais sous le régime civil: « Si cc régime arriYe, disait-il, je ne me réYolterai pas, mais je partirai

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