LA KATURALISATJ0NDES JUIFS ALGÉRIEKS tous les éléments français. On n'avait qu'à se regarder pour se .:cm prendre; on sentait que cette explosion devait venir, qu'elle était inévitable; personne ne l'a trouvée étonnante, au contraire. « Quand les désordres sont devenus sérieux, quand le mouvement a été général, on a vu, comme par enchantement, toutes les maisons françaises se couvrir d'inscriptions à la main ou de pancartes imprimées comme celles-ci : « Maison française et catholique. - Maison chrétienne. - Magasin catholique. - Pas de juifs dans la maison. - Nous sommes tous chrétiens et catholiques. - Vive la France! A bas les juifs! » M. Louis JOURDAN (Lozère). - C'était comme une nouvelle SaintBarthélemy ! (C'est cria! - Très bien! â gauche.) M. Loms BARTHOU.- « Eh bien! ce jour-là, Alger a manifesté pour le Christ plus qu'il ne l'avait jamais fait; il s'est mis spontanément, ouvertement, sous la protection du Christ; c'était tout indiqué : chrétien, antijuif, voilà les deux termes inséparables. « Qui avait donné ce mot d'ordre? « Qui avait suggéré cette idée? Ah ! personne, si ce n'est le Christ lui-même ... » (Excla111atio11est rires à l'extdme gauche. - Mo11ve111wtds ivers.) }.'1, MoRINAUD. - Ce n'est pas sérieux! M. Loms BARTHOU. - Si, monsieur }.!orinaud, ce sont des débats sérieux, et j'estime que ce que j'apporte à la Chambre est particulièrement sérieux, quoique exceptionnellement odieux. ( Vifs nppla111/isso11l'IIIS à, gauche.) cc... le Christ, qui aime les Francs et auquel il faudra bien revenir, puisque lui seul est le Sam·eur; aussi la protection a été claire, palpable et évidente. cc Pas une maison française... >> - Et vous allez voir combien avait raison celui de nos collègues qui é1·oquait la Saint-Barthélemy. (Très bien! tres bien! â gauche.) « Pas une maison française ou même étrangère, ni arabe, n'a souflert le moindre dégât, tandis qu'à côté on saccageait tout chez le Juif, et cel:.i, très souvent, entre deux magasins non juifs. cc Il n'y a pas eu une seule méprise : les commerçants français n'ont pas craint un seul instant pour eux; et même, si le pillage a,·ait duré plus longtemps, on ne leur aurait rien fait; tous en étaient certains. ,c La France, sous la protection du Christ, a tout cou,·ert, sauf les traîtres. cc Puisse+elle donc enfin comprendre quelle influence elle exer.:era dans le monde en s'affirmant de plus en plus ce qu'elle est réellement, chrétienne et catholique avant tout. » (Excla111ntiousà gauche. - Mouvements divers.) Eh bien! je le demande à la Chambre, peut-on prétendre qu'il ne s'agit ,pas là de questions confessionnelles, et la Chambre n'a-t-elle pas compris, par dcts aveux qui gênent ceux qui m'interrompent, mais seront retenus par la Chambre tout entière, qu'au fond, et dans ce qu'il a d'inaYouable, l'antisémitisme constitue une véritable revendication religieuse et confessionnelle ? (Applaudissements it gauche. - Dé11égntio11s it droite.) Et, messieurs, je le dis en terminant, n'est-ce pas une tristesse qui s'ajoute à toutes ces tristesses, et une véritable dérision qui s'ajoute à ces provocations
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