LA NATURALISATION DES JUIFS ALGÉRIEXS 279 titre d'exemple, citons l'ordre des offices tel qu'il est réglé dans le diocèse d'Oran pour le mois de juin 1899: Paroisse de la cathédrnle. - A quatre heures, office et sermon pour les Italiens. Paroissedu Saiut-Esprit d'Oran. - A cinq heures, instruction en espagnol par M. le curé. - Premier vendredi du mois : messe des associés espagnols du Sacré-Cœur de Jésus. Notre-Dame d'Oran. - Clôture de la mission espagnole. - Jeudi I cr juin, cérémonie de la première communion des enfants espagnols. Paroissedn Sacre-Cœur. - A cinq heures trente, sermon en espagnol. ParoisseSaint-Michel de Tle111ce111. - A trois heures, Y<:pressuivies après quatre heures de l'office pour les Espagnols a\·ec instruction (1). Le nombre des écoles et pensionnats congréganistes ne cesse de cr~ître en même temps que celui de leurs élèYcs : les conseils munici- •paux antijuifs refusent de laïciser les écoles de filles et le conseil municipal d'Oran n'a pas renouvelé le traité décennal relatif au collège des jeunes filles en vue de fayoriser le recrutement du couYent de la SainteUnion. La liste d'où est sortie cette municipalité antijuiYe modèle qui a employé pour le triomphe de M. Firmin Faure tous les procédes de la candidature officielle a été arrêtée de concert avec l'éyêquc, et celuici, quelques semaines après les élections municipalcs,présidait une fête à !'Hotel de Ville. Les congrégations et notamment les Salésiens de Dom Bosco subventionnent ouvertement les camelots recrutés pour les manifestations et les journaux les plus ,,iolents du parti antijuif. A Oran un abbé d'origine espagnole a fondé et dirigé la première feuille antisémite disparue depuis sous le coup de condamnations correctionnelles. Les Se11lai11eRseligieuses qui n'existaient p::isont été créées ainsi qu'une Croix speciale à l'Algérie. Très conscients de l'influence exercée sur les nèo-Fr::inçais par les congrégations et toujours très habiles à suiYre le Yent, les politiciens de l'antisémitisme qui se disent libres de tout préjugé religieux n'ont pas hésité à donner toutes sortes de gages au parti clérical. Dans un discours-programme, :tvl.Morinaud exhortait les Oranais à laisser de côté toute querelle religieuse pour s'unir contre l'ennemi commun : on sait comment on doit interpréter cc langage. A Bàne, parlant à des Italiens, il était plus explicite et moins gêné:« Comment! s'écriait-il, vous êtes pour la plupart catholiques pratiquants. Votre rt;ligion est la religion chrétienne. Vous adorez le fils de Dieu, vous, vos femmes et YOS enfants, et vous marcheriez la main dans la main avec les infâmes bourreaux du Christ! » A Alger, où l'on remarquait (1) La SemaineReiigieuse du diocèse d'Oran, n° du 2ï mai 1899.
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