LA ~ATCRALISATIO~ DES JUIFS ALGl~RIE~S 277 contre moins de 100,000 Français ayant conservé les traditions, les mœurs de la mère-patrie » ( r). Voilà expliquèe une des causes essentielles de l'appui donné par la population française :i la politique _de Yioknces et de discordes déchainées depuis quelque temps sur l'Algérie par les antisémites et qu'ils ont eux-mêmes, dans un de leurs rares accés de franchise, comparé « a un torrent déYastateur ». Mais cette transformation de la mentalité algérienne, si grave qu'elle soit, n'explique pas tout. Il faut sio-naler maintenant la maladie 0 , spéciale qui a atteint le corps èlectoral déjà trés sensible et trés énerYé t]Uand on lui a brusquement imposé un accroissement anormal et hypertrophique en 1889. Depuis cette époque il présente tous les troubles caractéristiques de ces malad:es de croissance excessiYe qui désorganisent les constitutions 1es plus robustes. Nous n'ayons pas ici _à examiner le péril étranger: il suffit ;i notre objet de montrer simplement que l'adjonction automatique d'un nombre considérable d'électeurs a dù nécessairement changer les dispositions et l'esprit des colléges électoraux, surtout si ces électeurs n\~taient nullement désignés et encore moins préparés pour remplir dans le sens libéral et français les fonctions civiques dont on les honorait. Après trente années de naturalisation le chiffre des électeurs israélites est demeuré à peu prés invariable. Ils sont 7,916, fils d'individus fixés dans le pays depuis des siécles, ayant reçu <lesorrnais soit ayant, soit aprés le décret de 70, une culture française profonde. Par contre, il y a 16,400 étrangers dans le total de 90,138 électeurs algériens, et dans ces 16,400, on en compte 7,800 devenus électeurs brusquement dans un pays qui n'est pas le leur, dont ils ne connaissent ni la langue ni l'histoire, 7,800 parmi lesquels il faut compter des faillis, des condamnés, des indignes de tout genre, et cela en vertu de la loi de 1889 qui améncra encore chaque année une invasion n 111i11i111a de 2,510 électeurs de même acabit, et ces chiffres, puisqu'ils sont officiels, doiYent être inexacts, t.'.:tantdonnées les habitudes de la bureaucratie algérienne. En réalité, il ne faut pas compter, avec M. Laferriérc, 18,910 électeurs étrangers, mais au moins 25,ooo, et il est bon de se rappeler qu'aux derniéres élections les antisémites ont obtenu 33,546 \'Oix. On comprend maintenant comment l'Algérie de 1899 n'a presque plus rien de commun avec celle de 1870 : elle est presque entièrement dominée par cette multitude d'étrangers qui lui ont imposé une Yie sociale et politique conforme à leurs appétits, à leurs passions et à leurs aspirations. L'hégémonie conquise par ces populations haineuses et arriérées a eu d'abord pour conséquence l'irruption du cléricalisme en Algérie. (r) Lenormand. Ouvrage cité, page 79.
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